14 juin 2008
ce blog et ma vie
Du journal intime au blog.
Je crois l'avoir déjà écrit. Le contenu de ce blog vient d'un journal que j'écris depuis des années. Je choisis dans ces cahiers ce qui me semble avoir de l'intérêt- je peux me tromper... J'écarte presque tout ce qui concerne ma vie familiale. La mort de papa fut une exception. Hors de question aussi d'exposer mes amis.
Le grand écart.
Je m'aperçois aussi de l'écart grandissant entre ce que j'écris ici et ma vie quotidienne. Je donne environ quarante cinq heures par semaine à mon travail. Mon temps libre est mangé par de trop nombreux engagements ecclésiaux, associatifs, syndicaux... Toutes choses qui apparaissent peu ici. Mes collègues s'étonneront de ne voir quasiment plus l'écho des tumultes du lycée, de la fin d'année calamiteuse... Je vole des petits moments pour écrire ce blog et j'ai l'impression dès que j'ouvre Canalblog de rentrer chez moi. Alors dans cette petite caverne, je conserve ce qui me plait vraiment dans la vie: la Bible, les livres, le sport, la musique, l'art, les paysages...
Censures.
Sans sujet tabou, je voudrais pourtant que ce blog puisse être lu de tous. Alors je censure parfois ce que j'écris dans mes cahiers. Je le regrette mais je ne veux ni choquer ni blesser...
27 avril 2008
Etourderie ecclésiale
Ce matin du dimanche 27 avril, je lis une bande dessinée et quelques pages du roman d'Annie Ernaux, je parcours l'Equipe magazine, je regarde le rugby et m'attarde devant la télé. A 10h20, un oeil levé vers la pendule! Je me dis qu'il serait peut-être temps d'aller au culte...
10h35. Je trouve la moitié de l'assemblée devant les portes du temple. Mon arrivée est accueillie avec des cris de soulagement. Je comprends immédiatement ma bévue. On attendait le prédicateur... Je me tourne vers une soeur: "t'as une idée des lectures du jour?". J'interroge: "Qu'est ce qu'on peut chanter?". Je n'en mène pas large, peste intérieurement contre mon étourderie, j'en serais presque à envier les amis catholiques et le déroulement de la messe. Au moins, je pourrais m'accrocher au rituel. Au lieu de quoi, presque tout est à bâtir dans un culte réformé...
J'ai pris mon courage à deux mains, demandé un petit appui à l'Eternel et j'ai sauvé les meubles...
25 avril 2008
Les pommes de terre sont plantées
J'ai planté les pommes de terre aujourd'hui. Quatre sillons de quinze à vingt centimètres de profondeur furent creusés car la pomme de terre réclame des sols ameublis sur des épaisseurs conséquentes. Bon travail musculaire pour le dos! La terre a été fumée avec un composé d'algues de Vendée puis nous avons planté les tubercules à 0,4 m les uns des autres et recouvert le tout.
Le sillon n'est pas droit. Chaque homme n'avait pas de cordeau sous la main et le jardin de mon père est grand...
24 avril 2008
Retour au jardin
A chaque retour de vacances, mon blog prend un peu de retard. Que retenir dans le volumineux journal que j'écris à toute allure chaque soir?
Journée de travail dans le jardin de mon père en Bretagne. J'ai bêché tout un carré du potager. La terre était lourde des pluies de la veille...
La mort de nos proches bouleverse aussi notre saisie du temps. Tout ce qui s'est passé avant la mort de papa me paraît si loin maintenant. Seulement un an et demi depuis qu'il nous a quittés et pourtant son départ a subitement relégué dans une autre époque des souvenirs récents: le bricolage, les danses du dimanche, le vélo...
18 avril 2008
Nourritures d'enfance
Hier, sur la plage Océane, la lecture des Années d'Annie Ernaux a mis en branle mes souvenirs. Que mangeait un enfant d'une famille ouvrière à la fin des années 1960? Des plats simples, bon-marché, qui revenaient avec une régularité monotone. Chaque semaine, le jambon-petits pois en boîte, la côte de porc-nouilles et l'escalope-pommes de terre arrivaient dans l'assiette. Le samedi midi, maman préparait le traditionnel pot au feu en alternance avec le jarret de veau, le samedi soir le chou fleur ou l'artichaut selon la saison. Jamais un dimanche soir sans mouiller les petites tranches de pain dans l'oeuf à la coque. Le conditionnement fut tel qu'aujourd'hui encore j'ai le réflexe ce soir là d'aller chercher les coquetiers dans le buffet. A cette base s'ajoutaient des éléments régionaux: le craquelin sur lequel on étalait du beurre salé ou de la confiture achetée dans de grandes boîtes métallique, la galette de sarrasin avec un oeuf et un bol de lait ribot qui piquait aux lèvres, les châtaignes à la Toussaint, les pommes cuites tout l'hiver, des produits de la mer aussi: la plie, la morue toujours trop salée malgré les nuits passées dans le seau d'eau, le crabe. Le dimanche midi, notre grand-mère nous recevait et proposait soupe, poulet, crême aux oeufs(plus tard l'entremet Francorusse à la vanille). Dans "les grandes occasions", on mangeait de la macédoine de légumes roulée dans un cornet de jambon, de la langue de boeuf, du colin, de la salade de fruits en conserve...
A table, il fallait "manger proprement", "ne pas rire comme un imbécile", ne pas se disputer, vider son assiette et la nettoyer avec du pain. Le contrevenant se faisait reprendre ou devait finir son repas sur le paillasson. Je me souviens que la punition nous amusait d'abord mais quand on entendait la minuterie s'enclencher en bas et que nous entendions les pas dans l'escalier, on craignait que nos voisins de palier nous trouvent devant la porte, l'assiette à la main...
17 avril 2008
vacances
Chaque homme est en vacances, sans connection au milieu des milions de pins maritimes qui l'entourent. Une petite escale dans un café internet pour écrire ces dernières notes. Patience. Il reviendra dans quelques jours. Pour le moment l'heure est au repos à Soulac, aux longues randonnées à vélo, aux randonnées dont il revient fatigué et heureux, au naturisme à Montalivet et aux belles soirées de lectures...
12 avril 2008
Départ en vacances
Départ pour la côte Aquitaine... Nous laissons Fantine dormir sur les dalles du jardin. La voisine viendra servir le cher petit fauve en repas et caresses quotidiens... Une chatte, si timide quand elle est venue le premier jour chercher refuge dans la maison et qui "discute" aujourd'hui de plus en plus. Enfin quand il lui plait...
Départ (2)
Quitté mon jardin normand pour les rivages atlantiques...
05 avril 2008
dispute
Nouvelles disputes au travail. Je m'étais juré hier pourtant de ne rien dire. Promesse non tenue. Une fois de plus le ton est monté, des paroles aigres ont été échangées. J'ai dû suprendre par la violence de ma réaction... Fin de journée laborieuse. Il y a derrière cette agressivité et la souffrance qu'elle génère, une tentation narcissique forcément déçue de vouloir être aimé de tous. C'est ce que m'a écrit hier soir fort justement un collègue...J'ai cru dans un premier temps bien gérer le problème: marche au soleil avant de reprendre la voiture, petit plaisir personnel(je me suis acheté une Pléiade d'occasion...), soirée au coin du feu... Hélas, l'affaire m'a poursuivi toute la nuit...
22 mars 2008
triste journée
La journée a été triste. Je suis allé déposer avec maman un bouquet de jonquilles et de tulipes jaunes sur la tombe de papa. Un vent glacial nous a empêchés de nous recueuillir longtemps. Nous avons quitté le cimetierre désert...