01 novembre 2009
Les pauvres d' Amos
(Vous) les oppresseurs des sans-ressources et les maltraitants des mendiants".Amos 4:1b
Amos utilise ici deux mots pour désigner les pauvres:
les "maigres",דַּלׅים dépourvus de ressources, les prolétaires au sens que Marx donnait à ce nom, ceux qui n'ont rien d'autre que leurs bras.
les mendiants, אֶבְיוֺנׅם ceux qui dépendent des autres pour subsister. Le nom évionim a été repris plus tard par la secte des ébionites.
Amos avertit : vous devez être justes avec ceux qui n'ont rien, ou plus exactement la justice se révêle dans vos actes envers les plus démunis. Il nous interroge: comment te comportes-tu devant le mendiant? Car celui ou celle qui mendie a droit à des égards.
Cette exigence de justice sociale nous vient du prophète le plus ancien de la Bible hébraïque, huit siècles avant notre ère...
31 octobre 2009
Albertine disparue(2)
"Mais il est enfin vraiment rare qu'on se quitte bien, car si on était bien on ne se quitterait pas!" Proust, Albertine disparue.
Ainsi se termine ma journée vénitienne, en lisant quelques pages...
concert Vivaldi
Nous assistons ce soir à un concert donné à l'église San vidal par le groupe Interpreti Veneziani. Au programme: Vivaldi, Mozart, Paganini.
Ecouter les quatre saisons, à Venise, devant un retable de Carpaccio, fut un bonheur. Les musiciens étaient enjoués. Il n'y a rien de plus allègre et de mélancolique à la fois que Vivaldi. Ah cette profusion de notes aigües et rapides...
J'aime par dessus tout le deuxième mouvement de l'hiver: "passar al foco i di quieti e contenti mentre la pioggia fuor bagna.." "Passer auprès du feu des jours calmes et contents, alors que la pluie dehors verse..."
Protestants en fête...
A l'occasion de la rencontre festive des protestants français à Strasbourg, le Figaro rappelle un état des lieux. La Fédération protestante rassemble 1/3 de Réformés (comme moi), 1/3 de Luthériens(pour beaucoup en Alsace-Lorraine), 1/3 d'Evangéliques. Les deux premier sont en recul numérique, bientôt submergés par ces Eglises "libres". Même si la progression de l'évangélisme dans la société française marquerait le pas.
Le protestantisme a-t-il un avenir? Je suis très engagé dans l'Eglise réformée, mais je me pose cette question et je ne suis pas certain de la réponse. Ce qui survivra, c'est cette priorité donnée à la Parole sur les institutions, cette démocratie ecclésiale, cet attachement au libre examen... mais je suis lucide: l'expression de la foi protestante me semble chaque jour un peu plus éloignée de nos contemporains...
En lisant le Figaro, identité nationale.
De retour à l'hôtel, je lis le Figaro.
Le gouvernement lance un grand débat sur l'identité nationale, question qui ne me semble ni prioritaire, ni pertinente.
Les vrais enjeux aujourd'hui sont environnementaux et socio-économiques et pourraient se résumer ainsi: comment sauver notre "maison" terre, quelle société pour nos enfants?
Je me méfie de tout ce qui nourrit cet attachement prioritaire à la nation, car le glissement au nationalisme et au mépris de l'autre suit... Mon appartenance nationale n'est qu'un élément de mon identité, entre mon origine bretonne et le sentiment d'être européen et citoyen de la terre. Je suis Français car je suis né sur le sol français et je parle la langue de ce pays. J'ai conscience d'être l'héritier d'une histoire, d'en être redevable. Cela-dit, les Etats-Nations me semblent de moins en moins le cadre pertinent pour aborder l'avenir. je souhaite une Europe forte, démocratique et multiculturelle, une armée européenne... Voilà des options internationalistes qui irriteront la Droite. Tanpis. Je sens d'ailleurs une grosse ficelle électorale du pouvoir dans cette affaire....
Ca'D'Oro
Parmi les plus beaux palais du Grand Canal, le Ca' D'Oro, élevé entre 1424 et 1434 par le procurateur Contarini.
Avec un dessin de James Goulding.
Grand Canal
Retour sur le grand canal. Nous prenons le vaporetto en fin d'après midi.
"L'eau mouvementée du Grand Canal que brassent les hélices et qui évoque l'eau d'un fleuve". Fernand Braudel.
Pour 6,5 euros, le grand spectacle de la République des mers qui se met en scène...
San Simeone
Nous revenons par la piazzale Roma à la gare Santa Lucia. Je téléphone à maman qui prend le déssert avec la famille, à Rennes, bien loin de là...
De la gare, je regarde la coupole vert de cuivre de San Simeone Piccolo. C'est la première église que le voyageur découvre en arrivant par le train à Venise.
footballeurs italiens
Ils portent les noms d'un nouveau patriciat: Fabio Cannavaro, Alessandro del Pierro, Alberto Gillardo.
"Siamo qui col coure azzuro come il nostro cielo" (j'espère que je n'écorche pas une langue que je ne connais pas).
Ya-t-il plus beaux footballeurs que les transalpins? Les Allemands.... Je le dis en toute mauvaise foi.
Campioni del mondo
Dans cette calle de la madone, un homme pressé nous dépasse. J'ai le temps de remarquer ses grosses mains et son visage de footballeur italien.
Des pensées contradictoires m'animent. Le souvenir de la coupe du monde 2006. Le comportement des joueurs italiens qui m'irritait tant, leur talent aussi. La défaite de l'Allemagne qui m'avait peiné. Le stupide geste de Zidane. Papa si malade qu'il ne pouvait regarder tout le match à la télé, laissant maman seule devant le poste...




