Chaque homme dans sa nuit

je suis un homme de 46 ans passionné par la théologie, la Bible, la littérature (Julien Green, Mauriac, Proust...) le sport(course à pied, triathlon), j'aime les paysages (La Normandie, saint-Malo, Annecy...).

30 avril 2009

Coriolan

coriolanusL'auberge de jeunesse de Clichy est bruyante. De ma chambre, j'entends les portes qui claquent, les rires, les adolescents qui s'interpellent... Nous rappelons à l'ordre quelques chambrées et nos élèves finissent par se calmer. Dans mon lit étroit, je lis l'Equipe et l'histoire de Coriolan que rapporte Plutarque dans ses Vies parallèles.

Coriolan est une figure semi-légendaire des débuts de la République Romaine.

La vertu, virtus en latin, est d'abord pour les Romains une affaire d'hommes, une qualité virile, elle est la vaillance et le courage au combat. Appliquée aux femmes, la vertu devient  chasteté. Voilà des définitions qui heurteront nos modernes oreilles...

Coriolan était inflexible,  il ne cédait jamais, ne cillait devant personne. Son bras ne tremblait pas dans la mêlée. Rien ne domptait son courage. Quel était le mobile de cette vertu? La gloire? Non. L'argent? Il  le comptait pour rien. Une femme? Oui, sa mère. La joie de sa maman était tout pour ce soldat.

La psychanalyse a-t-elle pris toute la mesure de l'emprise de la mère sur ces modèles de virilité?

Cette petite phrase aussi, lourde de conséquences: "Coriolan prit femme, de laquelle il eut des enfants, sans toutefois se départir jamais de sa mère". 

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musique de 1972: Ziggy Stardust

_Ziggy_StardustLe titre complet est The rise and fall of Ziggy Stardust and the spiders from Mars.

L'album, aux guitares nerveuses, a un son très rock. Il est aussi très futuriste, ode de fin du monde à une sorte d'Icare pop androgyne, Ziggy. Une incursion dans l'avenir, qui nous vient de.... 1972!

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Robert Pires

pires_footJe parcours l'Equipe et je tombe sur un article concernant Robert Pires.

"Zidane était l'arc, Pires la flèche".

Le principal défaut de Pires? "Son manque de méchanceté".

Je me souviens dans les années 1990 de cette sihouette gracile et vive qui courait sous les couleurs de Metz. Quand il conduisait le ballon, il savait changer de direction ou de rythme, l'oeil toujours à la recherche d'un équipier.

A la fin des matches, quand le milieu de terrain enlevait son maillot, j'admirais ce long torse assombri de poil, et ce sourire franc et amical...

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29 avril 2009

Les femmes savantes(1)

Moli_reAprès avoir mangé dans une taverne grecque du côté de Saint-Michel, nous traversons à pied Paris sous une pluie de plus en plus forte . Je conduis une longue file d'adolescents nonchalents et dociles sur des trottoirs ruisselants... Nous arrivons rue du faubourg Montmartre, trempés.

Le théâtre du Nord ouest n'est pas très beau mais on y ressent immédiatement une atmosphère libre et humaniste.

Nous assistons à une représentation des femmes savantes mise en scène par colette Teissedre et Agnieszka Kaprzak. Je retrouve avec joie une pièce de Molière dont j'avais joué le rôle de Clitandre... en classe de troisième! Des tirades entières me reviennent  à  la mémoire et je les dis mentalement en même temps que les acteurs. J'ai l'impression d'avoir un rôle à jouer dans ce spectacle, ou mieux de participer, humblement et obscurément, à la mise en scène. Mon attention est vigilante, j'attends les répliques, découvre de nouvelles choses crées par le jeu des acteurs, m'interroge aussi sur le sens de certains passages. J'avais refermé le livret des femmes savantes à 16 ans, j'en revois le spectacle à l'âge d'homme. Le texte de Molière me ravit. Les comédiens m'ont paru très bons: la fantasque Bélise, le bonhomme Chrysale, l'impérieuse Philaminte, et ce Trissotin précieux, vaniteux jusqu'à la morgue. La pièce m'a laissé fatigué à force d'attention. Il faisait très chaud. J'étais enthousiaste...

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Notre Dame

notre_DameQuand Paris était encore une île... Victor Hugo écrit: "La grève de cette île fut sa première enceinte, la Seine son premier fossé".

Notre-Dame, ce sublime édifice qui n'appartient à personne, pas même aux Parisiens, pas même aux Catholiques. "L'enfantement d'un peuple en travail" a écrit quelque part Hugo. Elle est la maison des chrétiens et des athées, conservatoire d'une tradition tout en étant le temple de la raison de la Révolution. Elle est l'édifice des maçons, le repère des ésotériques, l'autel d'un sacre impérial, sonne les cloches de la Libération...

Elle élève ses ogives et ses rosaces gothiques, mais ses piliers rappellent le roman. Hugo(encore lui) dit avec exagération: ""on croirait qu'il y a six siècles entre cette porte et ces piliers".

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La Seine

seineDu Louvre, nous rejoignons les quais de Seine que nous longeons jusqu'à l'île de la Cité.

Si le plan de Paris ressemble grossièrement à celui d'un cerveau humain, la Seine est cette artère qui palpite sur sa tempe.

Quand j'étais militaire, j'aimais me promener sur les quais de Seine, m'accouder un instant au parapet, avant de reprendre ma marche. Quelques mètres plus bas, les eaux sales remuaient sans cesse, agitées par le trafic des bateaux. Parfois il m'arrivait de descendre au bord même du fleuve, d'en respirer l'odeur fade, à l'ombre des grands platanes. Sous le soleil, la somptueuse architecture de Paris donnait à la Seine une majesté que sa taille ne méritait pas. La nuit, les projecteurs des bateaux-mouches jetaient une lumière crue sur les  magnifiques façades et les cartons des SDF. Les injustices de notre société s'y donnaient à voir brutalement. Des disputes éclataient, des couples s'embrassaient, des rires se perdaient au loin. Parfois je croisais des hommes dont le regard appuyé et mélancolique disait le désir qui les portait. D'autres fois, un ivrogne qui titubait sur les pavés, ou des individus dont la démarche trop lente semblait annoncer un mauvais coup. J'étais en alerte. La plupart du temps, il n'y avait rien à craindre. je marchais alors des kilomètres de Grenelle à Bercy, jusqu'à ce que la fatigue m'arrêtait. Je regardais alors encore une fois la Seine. Le miroitement n'enlevait pas totalement ce que le noir de ses eaux avait de sinistre. Là-haut,s'entendaient le roulement des voitures et la rumeur de la vaste ville. Je quittais la Seine, descendais dans la première sation de métro et rejoignais ma caserne...

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28 avril 2009

De passage à Paris.

maillolMe voici à Paris où j'accompagne des élèves latinistes. Je voyage avec deux des plus jolies femmes du lycée, l'une sensible, secrète mais volontaire, l'autre énergique, passionnée et blessée. Chaque homme n'est pas peu fier!

Nous arrivons ce midi à Paris et déjeunons dans le jardin des Tuileries.

De la terrasse du Caroussel, j'aime cette vue sur le jardin avec ses haies disposées en faisceau, entre lesquelles se tiennent les statues féminines de Maillol. Comme si le musée du Louvre se prolongeait ici par des salles vertes.

Tout ici donne au promeneur l'illusion d'une perspective à l'infini, les frondaisons des Tuileries, le scintillement des voitures dans la montée des champs, les alignements des toitures de Rivoli, et plus loin encore l'arche de la Défense dans sa brume, ouvrant vers de nouveaux horizons, toujours plus à l'ouest. Cette impression est encore accentuée  aujourd'hui par les nuages qui défilent à vive allure sur le grande axe parisien...

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Femmes de Maillol

femmeFemmes de Maillol, calmes, épanouies, rondes et sensuelles... qu'on rêve de surprendre se peignant, les bras levés, au détour d'une haie du Carroussel!

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27 avril 2009

La princesse Isabeau et le chevalier inconnu(3)

fin_printemps_2009_025  Beauté toujours précaire, au péril d'un coup de sabot.

  Laideur toujours relative, sauvée par un baiser.

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La princesse Isabeau et le chevalier inconnu.(2)

fin_printemps_2009_026L'irruption du merveilleux dans le quotidien:

-dans l'espace: du grenier au château du XVeme siècle.

-dans le temps: le calendrier réel(25  mai), puis le comput imaginaire(36 mai).

-dans les actes: écrire, se battre contre des dragons.

Même le plus trivial (le crotin de cheval) côtoie le plus étonnant (les parchemins animés d'une vie mystérieuse).

Avant de se déclarer, on est toujours le chevalier inconnu de son aimé(e).

L'amour vu comme un effacement des identités. La lettre de déclaration du chevalier est anonyme, celle de la princesse, à la fin de l'histoire, qui n'est pas signée...

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