Chaque homme dans sa nuit

je suis un homme de 46 ans passionné par la théologie, la Bible, la littérature (Julien Green, Mauriac, Proust...) le sport(course à pied, triathlon), j'aime les paysages (La Normandie, saint-Malo, Annecy...).

24 août 2009

Ossessione (1)

ossessione_4J'ai vu aujourd'hui le film Ossesione de Luchino Visconti.

C'est le premier long métrage du réalisateur qui adaptait ici, en 1942, le fameux roman de James Cain, le facteur sonne toujours deux fois.

Un camion roule le long du Pô (?), sur une route sèche, nue et poussiéreuse. Visconti filme des campagnes pauvres de l'italie étrangères au fascisme et à la guerre.

Avec une grande économie de moyens Visconti présente en quelques plans l'intrigue: un débardeur de Trieste, mécanicien au chômage et vagabond, arrive à une trattoria-poste à essence, y rencontre la femme du patron. Entre les deux, l'attirance est immédiate...

Le film m'a paru sombre, tragique, fortement érotique, mais sans ce lyrisme et ce souffle si présents dans le Guépard.

J'y reviendrai...

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03 août 2009

Whatever works

whatever_worksAprès avoir bu un chocolat à la crême épaisse, au chalet de Balme, nous redescendons dans la vallée.

De retour à Annecy, où il tombe quelques gouttes, je visite les librairies et achète un CD de Roxy Music.

Nous dînons dans un nouveau restaurant de la rue Sainte Claire, puis nous allons voir le dernier Woody Allen. Whatever works m'a déçu. Le jeu de l'acteur principal ne m'a pas convaincu. J'ai trouvé ce film, malgré quelques répliques amusantes, beaucoup moins réussi que les précédents. Le discours à la superficie des choses sur des aspects aussi essentiels  de la vie que la foi ou la sexualité m' a lassé. Deux choses m'agacent par dessus tout: le cynisme de celui qui se croit, toujours à tort, au dessus des autres et le côté politiquement correct sur l'air: rien de mieux qu'un juif new-yorkais athée de gauche!

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The reader(1)

the_reader_movieDans une salle art et essai d'Annecy, j'ai vu hier l'adaptation cinématographique qu'a donnée Stephen Daldry du roman de Bernhard Schlink, "le lecteur" (der Vorleser).

J'ai regretté tout au long de la séance que l'anglais remplaçât l'allemand, si indispensable pour raconter cette histoire.

J'ai aimé toute la première partie du film, cette relation sensuelle et amoureuse difficile entre ce jeune garçon de 15 ans et cette mystérieuse employée des trams. Kate Winslet joue parfaitement le rôle de cette femme froide et brutale. La scène où elle assiste à une répétition d'un choeur d'enfants est bouleversante. Plus tard le film pêche par excès de sentimentalisme et l'accueil que réserve une rescapée des camps dans le luxe d'un appartement new-yorkais, cette attitude si détâchée m'a paru peu crédible...

En sortant du cinéma, j'étais triste à l'idée dont je ne peux faire le deuil que peut-être (j'écris en tremblant ces mots) la culture, les plus beaux livres de Tintin à l'Odyssée, de Dostoîevski à Proust, ne rendent pas meilleurs.

Le divertissement aura été de boire du vin de savoie et de plonger des morceaux d'un médiocre pain dans une bonne fondue, au Fréti, adresse sûre. Un des serveurs, aux cheveux presque ras et au corps solide, avait de beaux yeux bruns...

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24 juillet 2009

Répliques du Guépard

gu_pardJe ne me lasse pas de me souvenir de dialogues du Guépard.

Au jésuite, qui le suprend au bain, le prince déclare: "la nudité des corps est infiniment plus innocente que celle des âmes".

"Un homme de mon âge peut s'imaginer qu'il est encore jeune jusqu'à ce qu'il s'aperçoit que sa fille est amoureuse. Alors l'âge lui tombe sur la tête comme une masse".

L'amour? "Flamme pendant six mois, cendres pendant soixante ans".

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23 juillet 2009

Luchino Visconti, le Guépard(3)

guepard_1963_16_gEn regardant le Guépard....

Les scènes de combat dans les rues m'ont paru un peu maladroites, elles rappellent que  les chemises  rouges de Garibaldi prirent Palerme en juin 1860, prélude à l'unité italienne...

J'ai toujours trouvé que les couleurs du drapeau italien ne s'accordaient pas bien.

Les scènes stupéfiantes donnant à voir un ordre social qui ne voulait pas mourir. La procession fort cocasse de la famille princière, les mines compassées de ces grands. L'Eglise catholique complice de ce conservatisme. Visconti filme en un extraordinaire travelling la famille sur ses fauteuils réservés, succession de visages poussiéreux ou cendrés comme des masques mortuaires...

Dans l'église sicilienne les voix suraiguës des femmes saturent l'air...

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21 juillet 2009

Luchino Visconti, le Guépard(2)

gu_pard_2A son aumonier qui le presse de confesser son aventure extraconjugale, le prince répond ceci:

"Je suis un homme vigoureux. Comment pourrais-je me contenter d'une femme qui au lit fait le signe de croix avant chaque étreinte, et qui, après, ne sait dire d'autre que Jésus-Maria?"

Autre réplique que je garde en mémoire, extraite des savoureux dialogues entre le guépard et son confesseur jésuite: "Si l'Eglise pouvait se sauver en nous (la classe noble) sacrifiant, croyez-vous qu'elle hésiterait? Pas une seule seconde, et elle ferait bien".

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20 juillet 2009

Luchino Visconti, le Guépard(1)

gu_pard2J'ai revu dernièrement le Guépard de Luchino Visconti. Je ne compte plus les heures où j'ai visionné ce film. La première fois, ce fut à Annecy, à l'occasion du festival du film italien. L'oeuvre était projetée sur grand écran. Dans mon souvenir, le spectacle était donné à l'extérieur, mais je ne sais pas si ce dernier détail est exact. Ce qui est sûr, c'est que je fus immédiatement sous le charme...

L'ambiance et les couleurs de ce film: le ciel d'un bleu pâle, éteint par la fournaise, le vent brûlant qui soulève les rideaux  du palais et la poussière sur les routes, les orangers et les palmiers, les bustes rongés par le temps... Le film est lent, somptueux... Les acteurs inoubliables, incroyablement beaux: Delon, Claudia Cardinale, et surtout Burt Lancaster.

Un grande fresque sociale et politique: Visconti raconte le déclin de l'aristocratie italienne ( Je ne sais pourquoi j'ai pensé aux Buddenbrooks), sur fonds de crise agraire et d'unité italienne.

Le film s'ouvre sur la prière du "mystère douloureux", un chapelet  récité en famille, derrière le prince de Salinas, et que les cris du dehors ne parviennent à interrompre...

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16 juillet 2009

Patrick Dewaere

DewaereJe ne passe jamais le 16 juillet sans penser à lui.... Il sera toujours mon acteur préféré, celui qui m'amusait le plus, m'inquiétait le plus, me touchait le plus, me séduisait le plus.

J'étais en Angleterre, avec une colo ce mois de juillet 1982. J'appris son suicide à mon retour en France, par une photo de presse, dans un bar-tabac de Cherbourg. Je me souviens m'être précipité dans les toilettes pour vomir....

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26 avril 2009

Welcome

Welcome Au cinéma de Granville, nous avons vu le film de Philippe Lioret Welcome.

L'histoire se passe à Calais, ville qui est "un peu notre frontière mexicaine"...

Un maitre-nageur aide un jeune réfugié Kurde de 17 ans à passer vers l'Angleterre.

Vincent Lindon est très convaincant en employé municipal fatigué, qui traîne ses sandales le long des bassins.

Un amour déçu, puis surtout le sentiment d'injustice et la compassion grandissante pour le clandestin changent cet homme.

Le film m'a donné le frisson en même temps qu'il alerte. La loi  française dit que "toute personne ayant facilité ou tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d'un étranger en France s'expose à poursuites" et à.... 5 ans de prison.

Les associations catholiques, les syndicats, les mouvements de gauche ont protesté à raison.

La loi s'en prend au geste le plus fondamental d'humanité: secourir l'étranger...

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20 avril 2009

Slumdog millionaire

slumdogJ'ai vu le film Slumdog millionaire dans le nouveau grand cinéma commercial de Rennes.

Le film de Danny Boyle me laisse des impressions contrastées. On est emporté par le rythme, la fluidité, la trépidance du récit. Il donne des images assez justes de l'Inde engagée dans la mondialisation, à l'heure des centraux téléphoniques et des gratte-ciel qui poussent de terre. Pourtant, le film en fait trop, multiplie les clichés bowlywoodiens, donne dans le manichéisme et dégouline de bons sentiments.

Slumdog millionaire oppose aux connaissances formatées pour jeu télévisé, le savoir empirique de celui qui a beaucoup vécu.

Qui veut gagner des roupies?

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