Chaque homme dans sa nuit

je suis un homme de 46 ans passionné par la théologie, la Bible, la littérature (Julien Green, Mauriac, Proust...) le sport(course à pied, triathlon), j'aime les paysages (La Normandie, saint-Malo, Annecy...).

24 décembre 2009

L'Empire des Lumières

L_empiredeslumieresQuand je vis cette oeuvre à Venise, je tombai immédiatement sous son charme.

Magritte peint deux séquences sur cette toile: un ciel lumineux où glissent des cumulus, une maison dans la nuit, entourée de grands arbres. Les deux scènes sont calmes. Pourtant leur superposition fait naître un sentiment d'étrangeté inquiétante. Comme si la réalité de notre monde était niée, comme si l'alternance du jour et de la nuit laissait place à une simultanéité menaçante.

Je pense au prologue de saint Jean: la lumière vient dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas comprise.

Je me dis aussi que la lumière jette ici le trouble dans l'obscurité, et non l'inverse comme on s'y attendrait.

Chaque homme est cette maison tour à tour plongée dans le noir ou exposée à la lumière. Souvent ombres et clartés coexistent dans notre âme.

Je pense en cette fin d'année aux athlètes des stades  et à leur force solaire,aux femmes des nuits vénitiennes, à l'homme magnifique croisé le 22 décembre dans la pénombre brûlante, au hammam de l'IDM parisien, à cette jolie fille grecque dans le bus de Patras au Printemps.

Je pense à tous mes amis dans leurs nuits et leurs jours. Paisible Noël à tous, tous mes voeux écrits de Compiègne.

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19 décembre 2009

tour rouge de Chirico

chirico_tour_rouge388En marchant dans les rues de Venise ce soir là, j'ai repensé au tableau de Chirico vu aux collections Guggenheim :la tour rouge.

La perspective  ouverte sur cette place déserte, l'ombre de la statue équestre, la puissante tour crénelée donnaient cette impression tenace que quelque chose allait se produire. Quelqu'un allait surgir . Cette attente vaine  d'une apparition sur cette toile était presque angoissante.

Dans les rues de Venise, cette nuit du premier novembre, les touristes avec leurs boissons gazeuses à la main se faisaient plus rares. L'eau des canaux devenait plus sage: Les lumières  y tremblaient à peine. La nuit révèle l'autre nature des choses. Quand les apparences s'estompent, un autre monde surgit, qui n'est pas matériel. J'ai eu envie de revenir à l'hôtel lire ma bible...

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16 décembre 2009

Mondrian

mondrianUne reproduction de cette oeuvre figurait à la dernière page d'un volume consacré à l'art. Aux yeux du jeune adolescent qui ouvrait souvent cette encyclopédie au collège, l'oeuvre représentait le symbole même de la modernité, une sorte de point ultime dans la grande trajectoire de l'art qui aurait commencé sur les parois de Lascaux. J'ai mis beaucoup de temps à comprendre pourquoi Mondrian me touchait, pourquoi je pouvais rester absorbé par ces grandes lignes noires qui se recoupaient devant moi.

Une épure quasi protestante dans les formes et les couleurs. Au delà de la représentation des formes belles dans le monde, la peintre cherchait la notion même de beau. Il y a quelque chose de la philosophie de Platon chez Mondrian.

Ce premier novembre, cette toile exposée dans les collections Guggenheim invitait toujours le visiteur au monde des idées...

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31 octobre 2009

miracle de la croix au pont san Lorenzo

miracl2Giovanni Bellini avait un frère, Gentile, lequel fut le peintre des grandes cérémonies de la République, mais aussi de ces étonnants tableaux...

Grand émoi à Venise. Des reliques sont perdues dans les eaux des canaux. Toute la société vénitienne est là.  Les plus intrépides sautent à l'eau. On crawle, on brasse, un  Africain s'apprête à plonger...

Le plus incroyable : aussitôt sortis du musée, on aura l'impression de marcher au milieu de ces toiles, tant le décor de cette ville semble immuable...

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La légende de sainte Ursule

carpaccioDans une salle de l'accademia, nous regardons sans comprendre l'hallucinante série de tableaux peints par Vittore Carpaccio, appelée la légende de Sainte Ursule. Nous revenons sur nos pas et, à l'aide du guide audio et des notices, nous replaçons dans l'ordre cette sucession d'images.

Vittore Carpaccio a peint entre 1490 et 1500 l'histoire de sainte Ursule, princesse bretonne qui aurait épousé un roi anglais en l'échange de la conversion de celui-ci, puis serait allée à Rome en compagnie de dix mille vierges(sic), avant de se faire massacrer au retour par des Huns du côté de Cologne.

Le palais breton a des allures de palais vénitien, et le bateau qui s'en va porte sur sa voile le nom MALO.

Ruskin adorait ce cycle, Proust l'a évoqué dans sa recherche. Certains n'y ont vu  qu'une illustration appliquée de la légende médiévale. Les yeux s'attardent sur la reconstitution précise des décors vénitiens, la foule des damoiseaux et demoiselles. Mille détails dont je ne me lasse pas. Et je reprends le cycle comme j'ouvrirais une colossale bande dessinée venue du XVème siècle...

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Les anges de Carpaccio

ange_carpaccioMa photographie est un peu sombre, mais ces anges vénitiens me plaisent beaucoup, comme ce petit joueur de mandoline appliqué à ses accords..._presentation_de_jesus_au_temple_bellini

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Retable de Saint Job, Giovanni Bellini

bellini_giovanniA l'accademia, on traverse une pièce et c'est un siècle qu'on passe. Nous voici devant le retable de saint Job réalisé par Giovanni Bellini vers 1478.

La perspective semble ouvrir ici sur les coulisses de l'église. Les personnages sont éclairés par une lumière dorée qui se déverse de la voute. A part Job, jean-Baptiste, et l'évêque, les participants de la scène sont comme absents, étrangers les uns aux autres. A commencer par Marie qui trône, inacessible dans sa simple majesté. L'enfant a aperçu quelque chose et voudrait bien se déprendre des bras de sa mère. Un religieux lit avec attention, l'autre, saint François veut attirer la compassion sur ses stigmates.

Saint Sébastien m'amuse. Il prend une pose ennuyée:  il est vrai que se tenir toujours là, dans un coin de tableau, à moitié nu, avec le contenu d'un carquois dans l'abdomen, voilà qui ne vous donne pas forcément l'humeur joviale!

Le plus beau personnage est Job, homme déjà blanchi aux bras magnifiques.

Des anges jouent au pied du retable  leur partition, mélancoliques et distraits...

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annonciation, Lorenzo Veneziano

annonciationDans les galeries de l'académie, je vis les premières émotions artistiques de notre séjour vénitien.

Devant l'annonciation du polyptique au lion, peinte par Lorenzo Veneziano, je ne peux m'empêcher de croire que c'est Marie qui semble annoncer quelque chose à l'ange et non le contraire. La vierge occupe l'essentiel du panneau et se penche vers le jeune messager au nez mutin, qui en ouvre les yeux et la bouche de stupéfaction. Qui est le plus étonné, de la femme ou de l'ange? Dans cette peinture, les mains aux très longs doigts discutent autant que les lèvres. Marie est drappée dans un beau tissu bleu constellé d'étoiles et se pare de bijoux. Ce n'est pas l'humble gamine de Nazareth que peint Lorenzo, mais une reine...

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14 avril 2009

Au musée archéologique d'Athènes.

courosDéception devant le tout nouveau musée de l'acropole, dont nous trouvons les portes closes. Malgré le peu de temps dont nous disposons, nous nous rendons au musée archéologique national. Là-bas, pas question de courir à travers les salles, nous nous limiterons aux oeuvres archaïques (620-480 avant Jésus-Christ).

Beaucoup des statues exposées sont des couroï. Génération après génération, les Grecs ont sculpté dans le marbre des jeunes hommes conformes à leur idéal athlétique et religieux. Ma première impression est celle d'une ressemblance entre des modèles inlassablement répétés: même nudité frontale, une jambe en avant, mêmes visages ovales aux vastes yeux, mêmes chevelures en formes de perles... Un regard plus attentif discerne des évolutions et des individualités.

Le coeur me bat un peu plus vite au milieu de ces statues venues de siècles lointains, qui disent avec énergie la beauté virile juvénile. L'émotion ressentie rejoint celle de ma jeunesse quand je découvris au stade la noblesse des corps sportifs.

Je quitte heureux ces salles, heureux d'appartenir au genre humain....

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17 février 2009

Jules Flandrin

jules_flandrinCet après midi, au musée de l'évéché,  nous avons visité l'exposition consacrée à Jules Flandrin.

Cet autoportrait date de 1905. L'artiste, né à Corenc, dans la région de Grenoble, a alors trente quatre ans et travaille à Paris. Cette toile offre un contraste net entre le peintre dont le rendu ici est quasi photographique et le mur où sont accrochés ses tableaux . L'homme, debout dans une pose très XIXème siècle, regarde vers la gauche. Une blouse recouvre le costume un peu sévère, la coiffure et le profil accusent l'austérité, mais le regard et le nez expriment la sensibilité du créateur...

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