Un abîme d'ignominie
Saint Preux et Julie se retrouvèrent un jour dans les bras l'un de l'autre et firent l'amour. Conclusion logique et heureuse de leur histoire. Sauf que... la jeune femme s'accusa aussitôt dans les termes les plus durs:"je suis tombée dans l'abîme d'ignominie dont une fille ne revient pas". On comprend mal aujourd'hui ces paroles dures si on oublie ce temps pas si lointain, cette ère d'avant la pillule, quand l'union sexuelle était risque d'une grossesse prématurée. Il faut se souvenir des lois de l'Eglise qui condamnaient toute relation prémaritale, mais aussi des règles non moins strictes de ces gens bien nés qui ne voulaient pas du scandale. Et surtout Julie rêvait d'un amour idéal loin des contingences des corps. La lettre qu'elle envoie à sa cousine est une condamnation sans appel et bien triste de son union charnelle...
En lisant La nouvelle Héloïse...