La Clusaz , champions, martyrs de Sebaste
Ce dimanche 21 août, nous sommes en Haute-Savoie mais une épaisse couverture nuageuse à partir de 1500 mètres nous interdit toute course en altitude. Nous randonnons donc dans l'étage forestier et décidons de relier à pied la Clusaz et le lac des confins. La Clusaz est une station qui reste avant tout un gros village de montagne. Elle est la commune de champions du ski français: Guy Perillat médaillé olympique aux jeux olympiques de 1960, champion du monde en géant en 1967, deuxième derrière Killy en descente à Grenoble en 1968, Edgar Grospiron, champion olympique en bosses à albertville, ou encore Vincent Vittoz champion du monde de ski de fond cette année et surtout Régine Cavagnoud championne du monde de super G en 2001 et décédée suite à une collision à l'entraînement en Autriche.
La vallée qui conduit aux confins , la "vallée heureuse" , est très humanisée : les chalets sont nombreux et il s'en construit encore... Chalets replets aux larges façades de bois, tantôt grises, exposées à ces pluies soutenues de Haute-Savoie, tantôt rousses et pelées par le soleil. Des tavaillons ressemblant à des pétales cornés de pommes de pin couvrent les toits où des perches et des grosses pierres retiennent les neiges, l'hiver. Balcons et galeries sont fleuris à l'excès de géraniums comme dans des téléfilms autrichiens.
La chapelle des confins est d'une simplicité qui fait songer aux petits temples de la Suisse protestante. Un tableau y représente les quarante martyrs de Sebaste. La scène se passe en 320 de notre ère, en petite Arménie où la XIII ème légion dite Fulminata séjourne.L'empereur Licinius ordonne que les militaires sacrifient aux dieux. Quarante soldats, tous chrétiens, refusent.Comme il fait particulièrement froid dans la région on imagine de les supplicier ainsi: on les fait déshabiller et exposer nus sur un étang gelé toute une nuit, alors qu'un bain tiède préparé sur les rives attend ceux qui se soumettraient. Un seul cède, vite remplacé d'ailleurs par un des gardes, édifié par le courage de ces soldats.Les autres hommes périssent stoïques, acceptant le martyr du gel avant de se "réchauffer au sein d'Abraham". Il n'est pas étonnant au pied des Aravis que cet épisode ai frappé les esprits.