01 février 2008
Des raisons d'une haine fratricide
Pourquoi Franz Moor déteste-t-il tant son frère?
En une longue tirade, il s'en explique. Il reproche à la nature de l'avoir fait naître cadet, de l'avoir pourvu d'un frère. Cette Nature a si mal réparti ses dons entre les deux hommes. Franz souffre de sa laideur: "Warum musste sie mir diese Bürde von Hässlichkeit aufladen?(Pourquoi m'avoir chargé du fardeau de la laideur?)... dass ich mit Gewalt ertrotzen wozu mir die Liebenswürdigkeit gebricht(...j'extorquerai par la force ce que j'aurais reçu si j'avais été aimé)"
En lisant la pièce Die Räuber...
30 janvier 2008
Les Brigands de Schiller
J'ai ouvert ce livre le premier soir où je suis arrivé à Korbach. Die Räuber est une pièce de Schiller qui m'a tout de suite passionné malgré quelques difficultés de lecture liées à l'allemand du XVIII ème siècle. Je me suis maudit d'avoir oublié de lester mon gros sac de sport d'un dictionnaire... La première scène confronte un père, "der alte Moor" et son fils Franz. En une succession de répliques très habiles, on découvre la noirceur de Franz: hypocrite, menteur, manipulateur. Pourquoi une telle haine? J'ai hâte de poursuivre l'oeuvre...
02 janvier 2008
La mégère apprivoisée
La soirée du premier janvier à la comédie française a été pour moi un enchantement. Dans la salle Richelieu était jouée la mégère apprivoisée. Shakespeare raconte une double histoire, celle d'un paysan à qui un Lord fait accroire qu'il est un grand seigneur, celle d'une jeune femme, plus sauvage que mégère, que son mari va "dresser". Oskaras Korsunovas n'a pas renoncé à cette mise en perspective: dans le théâtre existe encore un autre théâtre. Après qu'un "intrus" est monté sur scène, le rideau se lève sur la confrontation de l'aristocrate et de l'ivrogne endormi et cette première scène s'achève sur un tableau très shakespearien de chiens-squelettes hurlant dans la nuit. Puis nouveau décor: une tringle où pendent d'inombrables habits encombre la scène. Les acteurs portent des planches peintes où sont dessinés leurs costumes ou des miroirs. Ce choix se révèle interessant mais ne facilite pas toujours la compréhension du spectateur et alourdit un peu la pièce. Les répliques sont soulignées par des effets musicaux parfois appuyés mais Les acteurs sont bons. On applaudit à l'investissement physique, aux grimaces, aux gags. Après tout, la mégère apprivoisée est une comédie. Sur ce point, Korsunovas a réussi son spectacle...
22 décembre 2007
Faire du théâtre pour s'amuser
Dans une lettre écrite à André Barsacq, Jean Anouilh écrit à propos du théâtre: "Il n'y a vraiment que ce travail d'amusant au monde."
14 décembre 2007
le baiser de la femme araignée
Quel travail! C'est ce que je pensais en sortant du théâtre de l'Archipel, hier soir. Je n'ai pas lu le roman de Manuel Puig ni vu le film qu'en a tiré Hector Bobenco. Yann Dacosta a mis en scène le baiser de la femme araignée, en associant théâtre, rock et cinéma. Deux hommes partagent la même cellule de Buenos-Aires: un prisonnier politique et un homosexuel. Le spectacle fait voir et entendre des individualités confrontées à l'enfermement. Il aborde les questions de l'identité masculine, de la résistance, de la trahison, des relations difficiles entre la séduction et la morale. Par des dialogues -beaucoup d'engagement des deux acteurs Bruno Bayeux et Vincent Fouquet- des images et des chants, les thèmes sont tour à tour évoqués. La superposition du drame de ces deux hommes incarcérés et d'un film nazi associant amour à l'eau de rose et propagande raciste fonctionne remarquablement. Belle prestation des deux personnages secondaires. Le dialogue à quatre voix avec confusion des genres et des identités est à un moment particulièrement réussi...
08 août 2007
chahuts, farce et inquiétude
Samir Siad a écrit Chahuts en associant des textes de Prévert, de Ionesco, de Michaux. La pièce s'ouvre par le poème de Prévert, "La mère fait du tricot, le fils fait la guerre, elle trouve ça tout naturel la mère.." texte lu devant un tableau noir. Suit une scène où trois hommes, des "collaborateurs" de travail, se chamaillent dans des contradictions absurdes et sans fin. Le ton est donné. Le spectacle amuse, provoque et fait naître l'inquiétude. L'école devient le centre de l'absurde et de la tyrannie. Un professeur joué par Vincent Reverte, particulièrement convaincant, donne un cours de soustraction burlesque et terrifiant. Le personnage mêle la supplication presque timide et le sadisme d'un dictateur en puissance. "Il n'y a pas de problèmes dans la classe, juste des professeurs". Et les élèves s'en vont au pas cadencé, hochant la tête, en une farandole totalitaire... les trois acteurs, vus hier soir à Saint Martin de Bréhal, m'ont paru excellents et déployer une énergie que j'admire...
19 juillet 2007
théâtre de rue à Granville

Qu'il soit classique ou contemporain, sur une scène traditionnelle ou dans la rue, le théâtre est un spectacle trop rare et pourtant toujours aussi magique... Cet après-midi, sur les gradins du théâtre marin, ri devant les pitreries de la compagnie Qualite Street. Les comédiens exercent sur moi une fascination puissante....
16 mai 2007
barbier de Séville
Hier soir, à Rennes, écouté le barbier de Séville mis en scène par Jean-Claude Malgoire. L'opéra est décidément un spectacle magique. La musique de Rossini, les voix de baryton de PY Prevot(Figaro), de ténor de S Droy (le comte) et celle d'Hjördis Thebault (Rosina) m'ont fait passer une tres belle soirée malgré ces maux de ventre qui ne me lâchent plus. Rentré peu avant la fin de la représentation, ravi tout de même...
18 avril 2007
Dans la grotte d'Alcandre
Dans une grotte de Touraine, un magicien donne à voir à un père des images de la vie de son fils. Qu'est-il devenu, celui-ci? Un colporteur, un avocat,un soldat,un acteur? Mystère de l'identité d'un homme qui se dérobe à ses proches. Je lisais hier soir le premier acte de l'illusion comique en me disant que c'était un peu le cinéma transporté en plein XVII ème siècle...
06 août 2006
les lettres de mon moulin par les Embruns
Je ne sais si les circonstances ont eu leur rôle-mésentente familiale et maladie de papa-mais j'ai été frappé par ce qu'il y a de sombre derrière ces fables provençales. J'avais été invité par le sympathique acteur Vincent Reverte et j'ai parfois ri de bon coeur devant le jeu truculent qui nous était proposé hier, mais avec un arrière goût amer, presque tragique. Enfant, comme tout garçon sensible, j'étais terrorisé par l'histoire de la chèvre de monsieur Seguin, effrayé par son fatalisme -"les chèvres ne mangent pas les loups", la liberté a pour prix la mort etc-. Je me disais en écoutant ce récit qui ne manque pas de cette poésie simple si difficile à écrire, que la présentation de Blanquette avait une incohérence: Daudet emporté par son élan nous la décrit "docile". Docile la chèvre de monsieur Seguin qui passe la fenêtre à la première occasion venue? Chèvre rebelle plutôt et c'est pour celà que les enfants l'aiment.