Chaque homme dans sa nuit

je suis un homme de 46 ans passionné par la théologie, la Bible, la littérature (Julien Green, Mauriac, Proust...) le sport(course à pied, triathlon), j'aime les paysages (La Normandie, saint-Malo, Annecy...).

10 juin 2009

Un théâtre populaire?

theatre_athenee_louis_jouvetLe théâtre a été populaire jusqu'à l'avènement de la bourgeoisie au pouvoir.

Au XXème siècle, on a abandonné le théâtre à l'italienne pour aller vers le peuple.

Et si le théâtre de l'absurde avait tranché les nerfs de cet art? Je ne le crois pas...

Le plus grand danger serait qu'on fréquente le théâtre comme un musée, qu'on se contente de revisiter le répertoire.

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09 juin 2009

A stage of fools

shakespeare8 Sur mon VTT aujourd'hui, je pensais au roi Lear.

Si la scène de Shakespeare est le monde, le monde selon Shakespeare est un théâtre, plus exactement un théâtre de fous("stage of fools"):

"When we are born, we cry that we are come to this great stage of fools".

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01 juin 2009

Le roi Lear(7)

roi_LearLa scène de Shakespeare est le monde. A l'acte IV  du Roi Lear surgit une vision des falaises de Douvres. Le précipice marin. Les corbeaux et les freux qui planent à mi-hauteur de la paroi, la houle qui roule les galets innombrables.  Un vrai défi pour les metteurs en scène.

Shakespeare nous donne des images à profusion. "Ce n'est pas à la raison qu'il s'adresse mais à l'imagination et au coeur" a écrit Gide.

L'humour au détour d'un vers. Ainsi quand Goneril raille la virilité de son mari: "Marry, your manhood, mew". Ce qu'on pourrait traduire par: "Sainte Marie, ta virilité, miaouh". En place du feulement du tigre évoqué quelques lignes plus haut, le miaulement du chaton!

Certains vers sont obscurs. D'autres sont curieux à lire. C'est oublier que Shakespeare a écrit pour être joué...

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04 mai 2009

Les femmes savantes(2)

femme_7"Un amant fait sa cour où s'attache son coeur,

Il veut de tout le monde y gagner la faveur,

jusqu'au chien du logis il s'efforce de plaire".

Henriette, Molière, Les femmes savantes.

Ce n'est pas simple stratégie d'un coeur amoureux: l'amant  se complaira à tout l'univers de la femme qu'il aime, jusqu'aux plus petits détails. L'agacemement ou le regard amusé viendront plus tard...

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29 avril 2009

Les femmes savantes(1)

Moli_reAprès avoir mangé dans une taverne grecque du côté de Saint-Michel, nous traversons à pied Paris sous une pluie de plus en plus forte . Je conduis une longue file d'adolescents nonchalents et dociles sur des trottoirs ruisselants... Nous arrivons rue du faubourg Montmartre, trempés.

Le théâtre du Nord ouest n'est pas très beau mais on y ressent immédiatement une atmosphère libre et humaniste.

Nous assistons à une représentation des femmes savantes mise en scène par colette Teissedre et Agnieszka Kaprzak. Je retrouve avec joie une pièce de Molière dont j'avais joué le rôle de Clitandre... en classe de troisième! Des tirades entières me reviennent  à  la mémoire et je les dis mentalement en même temps que les acteurs. J'ai l'impression d'avoir un rôle à jouer dans ce spectacle, ou mieux de participer, humblement et obscurément, à la mise en scène. Mon attention est vigilante, j'attends les répliques, découvre de nouvelles choses crées par le jeu des acteurs, m'interroge aussi sur le sens de certains passages. J'avais refermé le livret des femmes savantes à 16 ans, j'en revois le spectacle à l'âge d'homme. Le texte de Molière me ravit. Les comédiens m'ont paru très bons: la fantasque Bélise, le bonhomme Chrysale, l'impérieuse Philaminte, et ce Trissotin précieux, vaniteux jusqu'à la morgue. La pièce m'a laissé fatigué à force d'attention. Il faisait très chaud. J'étais enthousiaste...

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05 avril 2009

compagnons inconnus(2)

poilusDans l'autobus qui nous transporte vers Roissy, je repense à la pièce vue la veille sur la scène de Bobigny: Compagnons inconnus.

Dans la première partie du spectacle, j'ai reconnu des extraits des Enfants humiliés, un des textes de Bernanos que je préfère.Au Brésil où il expérimente une difficile tentative d'élevage, l'écrivain tient un journal en 1939 et se souvient de l'autre guerre, vingt ans plus tôt.

La compagnie de Bréhal met en scène ces pages amères dans une saisissante projection des corps des poilus qui montent lentement à l'assaut, hors des tranchées.

"La victoire ne nous aimait pas". D'ailleurs les poilus de 14, au moins ceux qui survivaient en 1918, ne s'étaient jamais flattés d'être des vainqueurs. Ils ne furent pas des héros, juste les honnêtes ouvriers de cette lamentable affaire.

"Nous allions rarement au risque, c'est le rique qui venait à nous"

Les soldats "encaissaient", n'éprouvant aucune haine des Allemands, même si l'arrière (le derrière) essayait en vain de les convaincre du contraire.

La pièce insiste sur cette idée: les soldats n'ont pas raté la guerre, mais la rédemption de la guerre. Il faudra que je relise Bernanos. La salle de la maison de la culture était figée, absorbée par ces dures paroles. On s'est fourvoyé en pensant que l'exhibition de la guerre dans ses caractères les plus atroces empêcherait tout nouveau conflit. Non seulement la guerre est toujours possible, mais son avènement est facile. Alors on fait la noce après la guerre, on sort les lampions de la "victoire", mais en vain...

La pièce dénonce aussi cette imposture de parler au nom des combattants...

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04 avril 2009

Compagnons inconnus (1)

compagnons_inconnus_2A Bobigny, ce soir, dans le 93, pour voir un spectacle mis en scène par Valérie Aubert et Samir siad. La compagnie normande relève le défi de transcrire pour le théâtre les écrits d'un auteur de romans et d'essais politiques. Défi réussi. Les paroles inquiétantes, sans concession de Bernanos, deviennent une dramaturgie à l'antique. D'ailleurs les acteurs, tous formidables par leur engagement, portent par moment des masques comme au temps d'Eschyle et un choeur semble dialoguer avec le lucide prophète. Nous avons aimé cette pièce dense qui va à l'essentiel: la condition humaine, la guerre, la liberté sans cesse menacée, le danger de perdre son âme face aux "machines"...

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03 février 2009

Très occupé

Je suis toujours très occupé. Dès demain je compte réalimenter ce blog.2009_01_Affiche_r_union_Saint_L__2_1_

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28 novembre 2008

L'aède était une femme.

Noel_2008_003Dimanche dernier, à l'iniative de continents solidaires, nous écoutons Magalie Calmel conter avec talent quelques-unes des aventures d'Ulysse. Je suis captivé, ne perds aucune syllabe, transporté, ému et émerveillé par  le texte d'Homère et  la voix de cette actrice...

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01 février 2008

Des raisons d'une haine fratricide

franz__R_uberPourquoi Franz Moor déteste-t-il tant son frère?

En une longue tirade, il s'en explique. Il reproche à la nature de l'avoir fait naître cadet, de l'avoir pourvu d'un frère. Cette Nature a si mal réparti ses dons entre les deux hommes. Franz souffre de sa laideur: "Warum musste sie mir diese Bürde von Hässlichkeit aufladen?(Pourquoi m'avoir chargé du fardeau de la laideur?)...  dass ich mit Gewalt ertrotzen wozu mir die Liebenswürdigkeit gebricht(...j'extorquerai par la force ce que j'aurais reçu si j'avais été aimé)"

En lisant la pièce Die Räuber...

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