31 octobre 2009
En lisant le Figaro, identité nationale.
De retour à l'hôtel, je lis le Figaro.
Le gouvernement lance un grand débat sur l'identité nationale, question qui ne me semble ni prioritaire, ni pertinente.
Les vrais enjeux aujourd'hui sont environnementaux et socio-économiques et pourraient se résumer ainsi: comment sauver notre "maison" terre, quelle société pour nos enfants?
Je me méfie de tout ce qui nourrit cet attachement prioritaire à la nation, car le glissement au nationalisme et au mépris de l'autre suit... Mon appartenance nationale n'est qu'un élément de mon identité, entre mon origine bretonne et le sentiment d'être européen et citoyen de la terre. Je suis Français car je suis né sur le sol français et je parle la langue de ce pays. J'ai conscience d'être l'héritier d'une histoire, d'en être redevable. Cela-dit, les Etats-Nations me semblent de moins en moins le cadre pertinent pour aborder l'avenir. je souhaite une Europe forte, démocratique et multiculturelle, une armée européenne... Voilà des options internationalistes qui irriteront la Droite. Tanpis. Je sens d'ailleurs une grosse ficelle électorale du pouvoir dans cette affaire....
29 août 2009
Quel avenir pour le parti socialiste?
Je lis avec attention le dossier que le journal Le Monde consacre à la crise de la social-démocratie.
Pascal Lamy, directeur général de l'OMC, accuse la faiblesse idéologique actuelle des sociaux-démocrates. Il leur manque une analyse fine et critique du capitalisme actuel.
Il faut réfléchir à la limite anthropologique de l'économie de marché. "Fondamentalement le capitalisme de marché met une pression trop forte sur l'individu".
Aucun programme ne saurait être crédible et surtout efficace dans ce qui est la raison d'être du socialisme -la réduction des inégalités et la libération de l'aliénation marchande- si cette critique solide n'est pas fondée...
La question d'un leader, celle des alliances paraissent secondaires....
27 août 2009
volonté générale, contrat social
La démocratie est l'exercice de la volonté générale ou, pour le dire autrement, dans une démocratie la volonté ne peut être que générale.
Rousseau explique que "pour qu'une volonté soit générale, il n'est pas toujours nécessaire qu'elle soit unanime, mais il est nécessaire que toutes les voix soient comptées".
Ainsi, la volonté générale passera par l'expression de tous les citoyens. Elle paraît molle si l'abstention est forte. La volonté générale est tranchée par le vote. Une majorité donne la légitimité aux décisions, que tous doivent sinon approuver du moins reconnaître. Le scrutin doit être exempt de tout soupçon et chaque suffrage compté. J'ajoute encore que la volonté générale nécessite que tous les votes soient pris en compte aussi dans l'exercice du pouvoir. L'émergence d'une majorité et donc d'un choix clair ne devrait pas rejeter comme nulles et non avenues les idées de la minorité. Mieux encore, elles devraient se voir à l'oeuvre, à proportion de leur expression.
En somme, la volonté générale nécessite l'application de la décision majoritaire pour être active, et la mise en oeuvre de voeux de la minorité pour être juste.
On en est loin en France où règne spoil systèm et haro sur le vaincu, où l'ouverture n'est que débauchage d'individualités avides de pouvoir...
15 août 2009
le souverain en démocratie
"Le Souverain n'étant formé que des particuliers qui le composent n'a ni ne peut avoir d'intérêt contraire au leur". Rousseau, Du Contrat social I,7.
Voilà une phrase qu'on ne lit pas sans trembler, car elle pourrait légitimer un totalitarisme démocratique. Les citoyens pris en corps peuvent se tromper, s'illusionner sur leur intérêt. Et c'est oublier que le pouvoir transforme qui l'exerce, fût il assuré par le peuple!
Je vois aussi là le danger de "faire le bien" des autres contre leur gré, projet toujours désastreux.
13 août 2009
aliéner ses droits ? Rousseau, Contrat social.
La réflexion de Rousseau sur le pacte social fonde la pensée politique de gauche.
Pour qui se réclame de la gauche, l'articulation des droits individuels et de l'intérêt collectif s'appréhende dans ce souci constant de l'égalité. L'homme ou la femme de droite sera plus dans la préoccupation de la liberté.
La première clause du contrat social: "l'aliénation totale de chaque associé avec tous ses droits à toute la communauté". La phrase, lue sur cette plage de Saint-Jorioz, me fait frissonner: aliéner fait peur et la formule pourrait légitimer tous les totalitarismes communistes du XXème siècle.
En fait Rousseau ne souhaite pas la suppression des droits naturels mais leur mutation en droits civils. Ainsi la liberté naturelle, qui n'a de bornes que les forces de l'individu, en liberté civile qui n'est limitée que par les libertés des autres. Ou encore la propriété naturelle qui est souvent un vol, par la propriété civile, qui permet celle des autres, qui est liée à l'intérêt général.
On ne peut aliéner des droits que pour en retrouver de plus forts, de plus sûrs, de plus durables, et de plus compatibles aux intérêts des autres. Idée que je mefforce d'avoir toujours en tête dans mon engagement syndical...
Dans tout pacte social, il y a donc un renoncement, mais pour retrouver mieux. En se donnant à tous, semble dire Rousseau, on ne se donne à personne. Lecture et réflexion passionnantes, mais la course à pied m'a donné un appétit terrible. J'ai faim...
11 août 2009
plateau du Vercors, Du contrat social
Sur le plateau du Vercors pour la journée, avec le Contrat social dans les poches. L'idée n'est pas mauvaise, quand tant de gens ici sont morts pour nos libertés.
Livre I, chapitre IV. Pourquoi des peuples aliènent-ils leur liberté au bénéfice de tyrans? Ou, formulé autrement, pourquoi les Allemands par exemple votèrent à 92% en novembre 1933 pour les Nazis? (Il est vrai que la liste unique était celle du NSDAP, mais quand ils en avaient encore le choix, en juillet 1932, les élections avaient porté loin devant les autres, le parti d'Hitler...)
Pourquoi les peuples deviennent-ils des esclaves?
Pour assurer leur subsistance économique. Ce que Rousseau refuse, au motif que "bien loin qu'un roi fournisse à ses sujets leur subsistance, il ne tire la sienne que d'eux". Pourtant l'Etat a eu longtemps un rôle primordial dans la vie économique. Des distributions frumentaires dans la Rome impériale, à la carte du pain des fascistes, le pouvoir dispose de ce moyen de pression. J'ajoute que les économies de marché s'accomodent très bien des dictatures.
Pour assurer leur sécurité. On reconnaît le discours habituel d'une certaine Droite. Ce à quoi Rousseau répond ironiquement: "On vit tranquille aussi dans les cachots". Les dictatures offrent l'illusoire sécurité de l'antre de Polyphème...
08 août 2009
Saint Jorioz, Rousseau, contrat social
Me revoici au bord du lac d'Annecy, à Saint Jorioz.
Le temps est lourd et menaçant. La lumière n'en est que plus belle sur la montagne. Les pommiers et les chênes projettent leurs ombres sur le vert très doux des prairies. Quelle joie d'être là! On se croirait au milieu de l'été de Vivaldi.
Je commence la lecture Du Contrat social. Rousseau accompagne chacun de mes séjours ici.
La première phrase de Rousseau est une maxime très sage à l'usage de qui veut se mêler de politique: "prendre les hommes tels qu'ils sont". Voilà qui épargnera bien des déceptions. Ce réalisme pourrait décourager. Bien au contraire. Rousseau se félicite d'appartenir à un Etat libre, la République de Genève. Il engage le citoyen à s'intéresser à la politique: "le droit de voter suffit pour m'imposer le devoir de m'en instruire". Loin des querelles d'appareils, il faut lire et relire le Contrat social...
13 juin 2009
le repos hebdomadaire
"Pendant six jours tu travailleras, et tu feras tout ton ouvrage, mais le septième jour, tu ne feras aucun travail, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton âne, ni ton boeuf, ni l'immigré qui est dans tes villes"Deutéronome 5:13-14
Et on reparle de changer législation sur le travail du dimanche ! Je ne sais si cette mesure aurait un effet économique, mais j'y suis radicalement opposé pour des raisons de civilisation. Le repos hebdomadaire, temps mis à part pour la famille, les amis, les loisirs, les cultes, la recréation de l'homme, inscrit dans nos calendriers que notre vie ne se réduit pas à celle de simples agents économiques. Et qu'on ne vienne pas me parler de liberté des salariés, c'est ignorer les rapports de force dans le monde du travail.
07 juin 2009
Naufrage de la social-démocratie?
En revenant de Sainte-Mère Eglise, j'entends les premières estimations du vote de ce matin. Je craignais de mauvais résultats, mais les chiffres annoncés me font mal. D'abord je mets un certain temps à réaliser, le cerveau frappé de stupeur, puis je m'efforce de faire bonne figure dans la voiture, face à ma belle-famille...
Mes adversaires politiques, les Droites européennes, remportent une belle victoire. Ma famille politique, la social-démocratie, est en recul, un peu partout...
Je crois que le mal va bien au delà des turpitudes du PS français (querelle des chefs...)
Je ne rougis pas d'être socialiste et je ne pourrais jamais être qu'à gauche, sauf à renier toutes mes valeurs. En même temps je reconnais que nous sommes en retard d'une bataille, incapables de trouver un logiciel pour mettre en oeuvre nos idéaux, impuissants à embrasser ce monde né après 1989 et 2001, à être un espoir pour les classes défavorisées ...
Je suis trop déçu pour me consoler des bons résultats des amis écologistes, lesquels malheureusement ne tarderont pas à nous tirer dessus.
Quoi d'autre? Abstentions, extrême volatilité des votes de mes amis, qui tantôt déposent un bulletin trotskyste, tantôt un modem centre-droit, aujourd'hui écolo, dans la plus grande légèreté..
Ainsi va la politique, et passé 21h30, nous éteignons, amères, notre poste télé, abrégeant cette(nouvelle) mauvaise soirée électorale...
16 mai 2009
Fête de la rose, Benoît Hamon.
Aujourd'hui à la fête de la rose, à La Hauteville, j'ai salué Benoît Hamon.
Le document appelé manifesto, est la plateforme commune des 27 partis de la social-démocratie de l'union. Que de Riga à Chypre, de Berlin à Granville, les socialistes aient le même programme à défendre, voilà une excellente idée! Pourtant je regrette, au delà des formules généreuses et des idées générales, un manque d'ambition. La campagne socialiste pour les Européennes n'arrive pas à accoucher d'un mot d'ordre clair, de projets précis qui mobilisent les citoyens. Les socialistes européens devraient être le grand mouvement qui défend un vrai fédéralisme européen, avec une présidence et une armée communes, une alternative au capitalisme, une société de créations culturelles...
Benoît Hamon a défendu l'idée d'une harmonisation du droit social européen qui protège les travailleurs. L'homme m'a paru séduisant, honnête, un peu inquiet...
Je ne me mobilise pas assez pour ces élections européennes. D'où vient cet engourdissement politique qui est le mien?