Chaque homme dans sa nuit

je suis un homme de 46 ans passionné par la théologie, la Bible, la littérature (Julien Green, Mauriac, Proust...) le sport(course à pied, triathlon), j'aime les paysages (La Normandie, saint-Malo, Annecy...).

22 août 2009

le lien social et les intérêts particuliers, Rousseau

breville_002Journée commencée sur la plage de Bréville où je lis le deuxième livre du Contrat social.

"L'opposition des intérêts particuliers a rendu nécessaire l'établissement des sociétés, l'accord de ces mêmes intérêts l'a rendu possible".

Le lien social est donc une nécessité. Sans lui, la vie humaine serait un conflit permanent d'intérêts, une guerre de tous contre tous. L'accord, même ténu, même provisoire des intérêts particuliers est à l'origine de la société. Sur quoi ce consensus repose-t-il?  Sur cette intuition que mes intérêts individuels seront mieux défendus par l'intérêt général, ou mieux que mon intérêt bien entendu est l'intérêt général. En somme, pour Rousseau, il n'est de société durable, de société démocratique sans cette reconnaissance de l'intérêt général...

La fin de ce samedi d'août fut imprévu et désolant. Nous étions invités à l'anniversaire de mariage d'amis. Tout l'été j'avais pensé à ce rendez-vous, je comptais les jours qui nous séparaient de cette rencontre. Et puis voilà un malaise, l'inquiétude, la nécessité de rester là, de ranger les habits de fête... J'étais si contrarié que je voulus forcer la main et la soirée s'acheva dans la dispute...

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20 août 2009

La propriété et le contrat social

rousseau_propri_t_Je poursuis la lecture du Contrat social.

En entrant dans le contrat social, les individus n'aliènent pas seulement leurs droits mais aussi leurs biens. J'avoue là encore éprouver une méfiance instinctive devant cette proposition, tant le danger-les hommes étant ce qu'ils sont-d'une communauté oppressive et qui vous vole est toujours à craindre...

"L'Etat à l'égard de ses membres est maître de tous leurs biens par le contrat social". Que veut dire Rousseau par "maître de tous leurs biens"?  Refuse-t-il la propriété individuelle en philosophe communiste avant la lettre ? Non, car il fonde un peu plus loin le droit de propriété. Il signifie plutôt que la propriété privée n'est qu'une concession nécessaire garantie par l'Etat, mais qu'elle procède de la propriété commune.

L'Etat démocratique reconnaît la propriété mais la limite et entend exercer un droit de regard sur elle. A gauche, nous pensons avec Rousseau que si l'intérêt général est en jeu, si les besoins fondamentaux  d'individu ne sont pas satisfaits, l'Etat a non seulement le droit mais le devoir de réquisitionner, ou de soustraire à des particuliers leur propriété.

Pour Rousseau, et contrairement à la Déclaration des droits de l'homme d'août 1789, la propriété n'est pas un droit naturel, mais un droit civique.

Rousseau ne souhaite pas le collectivisme, mais il reconnaît légitime la propriété à une triple condition: qu'elle ne spolie personne ("que ce terrain ne soit encore habité par personne"), qu'elle n'excède pas les besoins de son détenteur ("qu'on en occupe que la quantité dont on a besoin pour subsister"), qu'elle soit légitimée par le travail ("qu'on en prenne possession, non par une vaine cérémonie, mais par le travail et la culture").

Si on regarde l'état du monde et l'actuelle répartition des richesses, on constate à quel point on est loin de l'idéal de Rousseau...

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18 août 2009

La liberté civile

rousseau_libert_Au chapitre VIII du premier livre du Contrat social, cette magnifique définition de la liberté civile: "l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté".

A l'état de nature, la liberté n'a pour seules bornes que les forces de l'individu: je fais tout ce que je peux. A l'état social, la liberté est limitée par la volonté générale: je fais tout ce qui ne nuit pas aux autres...

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12 août 2009

Du contrat social, le peuple

semnozNous passons la fin d'après-midi au sommet du Semnoz. Je suis toujours heureux de retrouver cette montagne douce, ma montagne familiale et familière.

Comme l'Albanais est beau quand on le regarde depuis le Semnoz! Rumilly, Alby sur Chéran...

Je pourrais rester des heures à scruter ce paysage.

Pas de démocratie sans au préalable un peuple. Une collectivité d'hommes et de femmes ne fait pas un peuple. Il faut encore que de cette agrégation naisse une association politique.

Pas de démocratie sans ce consentement ou mieux cette acceptation sans réserve de la décision majoritaire. La démocratie ne nécessite qu'une seule unanimité,celle de reconnaître cette arithmétique du plus grand nombre.: "d'où cent qui veulent un maître ont le droit de voter pour dix qui n'en veulent pas".(Rousseau, chapitre V)

C'est parfois douloureux. Comme en 2007....

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La guerre, l'esclavage, Contrat Social

guerre Cet après-midi, repos aux Puisots, en forêt d'Annecy. Discussion avec maman et lecture Du contrat social.

Racheter sa vie au prix de sa liberté. Rousseau estime cette proposition indigne.

Non, le genre humain n'est pas condamné à  la guerre de chacun contre tous.

Rousseau rappelle des choses fondamentales à propos de la guerre: la guerre est un différent entre Etats, "dans laquelle les particuliers ne sont ennemis qu'accidentellement, non point comme hommes ni même comme citoyens mais comme soldats, comme défenseurs ".

"On a le droit d'en tuer les défenseurs tant qu'ils ont les armes à la main; mais sitôt qu'ils les posent et se rendent, cessant d'être ennemis, ils redeviennent simplement hommes et l'on n'a plus de droit sur leur vie."

Ainsi  les crimes de guerre et l'esclavage de guerre sont illégitimes. Pourtant les régimes totalitaires les ont pratiqués à grande échelle au siècle dernier.

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11 août 2009

du contrat social, droit du plus fort

droit_du_plus_fortEn prenant mon petit-déjeuner ce matin, je poursuis la lecture du Contrat social. Rousseau réfléchit aux liens entre force et droit.

"Le plus fort n'est jamais assez fort pour être toujours le maitre, s'il ne transforme sa force en droit et l'obéissance en devoir". L'observation me semble pertinente et s'appliquer remarquablement à l'histoire politique. Des individus, des familles parviennent au  pouvoir grâce à leurs richesses, leurs clientèles ou leur force militaire. ils s'y maintiennent en transformant leur coup de force en régime de Droit.  Par un tour de passe passe, ils arrivent à transformer dans l'esprit de leurs sujets la contrainte en devoir. Ainsi la fidélité aux rois, à l'empereur, au caudillo etc.

Rousseau dénie à la force de pouvoir être source réelle de Droit. On cède à la force par nécessité ou prudence, jamais par la vertu.

La force ne fait le droit qu'en apparence. Le droit est permanent. La force aléatoire. Le droit du plus fort légitime la désobéissance de celui qui se sent plus fort.

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10 août 2009

paternité, Rousseau, lac d'Annecy

p_re"La famille est donc si l'on veut le premier modèle des sociétés politiques; le chef est l'image du père". Du contrat social.

On apprend la politique en famille. Intéressante idée. Comment s'articulent les droits et les devoirs en famille? Qui exerce l'autorité, et de quelle manière? A l'époque de Rousseau, le chef est le père. Aujourd'hui, dans nos sociétés, l'autorité parentale est partagée, même si (tout un courant psychanalitique l'affirme) le père représente souvent symboliquement la loi...

Dans quel régime familial avez-vous été élevé ? Monarchie plus ou moins absolue, république, démocratie? Je pense avoir vécu sous une dyarchie: mon père était un roi débonnaire mais ferme, ma mère exerçait veto et censure...

Les relations familiales, et surtout les représentations que nous en avons, conditionneraient notre rapport au pouvoir.

L'identification d'une famille à une démocratie a ses limites. Tout ne se négocie pas en famille, sinon l'individu ne rencontrera plus tard aucune borne qu'il ne voudra aussitôt déplacer, et sa vie sera un enfer...Et puis on ne change pas de père comme on change de gouvernement.

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09 août 2009

Du contrat social(2)

contrat_socialSaint-Jorioz, près Annecy.

"L'homme est né libre, et partout il est dans les fers". L'incipit est fameux.

La liberté est une problématique propre à l'homme. La question serait étrangère aux plantes et aux animaux sous l'empire exclusif des mécanismes de la biophysique et de l'instinct...

L'homme ne naît pas sujet. Rousseau prend  ici le contrepied de la pensée de Bossuet.

La genèse de l'homme est liberté. Je pense au mythe de la Genèse: l'homme et la femme placés d'emblée devant un choix, exerçant leur liberté aussitôt qu'ils sont créés. Dans la Bible, comme chez Rousseau, la liberté est première, mais l'entrée dans l'histoire est le dramatique apprentissage de la servitude.

Dans un état de nature, avant l'entrée en société, l'homme est libre. La liberté serait purement théorique, hypothétique, puisque l'être humain est inséré dès sa naissance dans cette sphère sociale qu'est la famille.

E Faguet s'est moqué de la formule de Rousseau: "Cet axiome est à peu près aussi juste que le serait celui-ci: le mouton est carnivore, et pourtant il mange de l'herbe".

Il me semble pourtant que Rousseau a raison. La vocation humaine, là où il est né, ce à quoi il est appelé, c'est  la liberté. Il n'est pas de démocratie, pas de projet politique de gauche qui ne se fondent sur cet article: "l'homme est né libre".

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17 mai 2009

Raphaël Enthoven

raphael_enthovenAujourd'hui, j'ai reçu de ses mains, un livre dédicacé de Raphaël Enthoven, dont j'apprécie beaucoup l'émission "les nouveaux chemins de la connaissance" sur France Culture.

Je lui ai répondu que " j'apprenais et désapprenais beaucoup de ces entretiens souvent passionnants".

J'aime beaucoup la courtoisie avec laquelle il mène la conversation.

Après à cette rencontre, j'ai couru trois quarts d'heure sur les bords de l'Orne.

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07 juillet 2008

Médecine, art amoureux? Banquet 28

clooneyOù on apprend que la médecine serait un art amoureux...

C'est ce que le médecin Eryximaque laisse entendre au cours du banquet. Le corps humain serait travaillé par l'amour. Le bon praticien saurait diagnostiquer quel type d'éros anime notre physiologie, puis favoriser ce qui est "bon et sain" dans nos pulsions. Il devrait évacuer le trop plein d'amour et combler le manque. Enfin il veillerait à créer la concorde entre les mouvements contraires qui luttent en nous, rétablir le désir amoureux(éros) et l'amitié(philia) dans ce champ de bataille qu'est le corps...

Verbiage d'une science balbutiante qui prête à sourire? Ou intuition? Freud nous a appris l'importance de la libido dans notre inconscient et décrit les conflits qui structurent notre psychisme.

Bon, je vais m'adresser au Docteur Ross! Amusant de noter que je venais de relire ce passage  quand j'ai rencontré un très séduisant médecin niçois et son ami d'une beauté peu commune alors que je terminais un footing sur ma côte normande. Platon me fait un clin d'oeil!

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