Chaque homme dans sa nuit

je suis un homme de 43 ans passionné par la théologie, la Bible, la littérature (Julien Green, Mauriac, Proust...) le sport(course à pied, triathlon), j'aime les paysages (La Normandie, saint-Malo, Annecy...).

20 juin 2008

L'amour rend meilleur, Banquet 27

belle_femme"Par son intermédiaire(la personne qu'on aime)on deviendra meilleur".

Je reviens à cette proposition de Pausanias. Progresse-t-on par ce que notre élu(e) a des compétences particulières qu'il nous transmet? Par ce qu'il nous ouvre un domaine jusqu'ici inconnu:travail du bois, opéra, astronomie, horticulture...? Ou parce que sa beauté nous donne envie de nous perfectionner? Ou encore juste du fait que l'amour qu'il nous inspire stimule notre créativité, et notre désir d'être bon et capable?

Encore une fois cette idée de la progression par l'amour d'une femme ou d'un homme m'attire profondément. Un scrupule cependant: Platon ne donne-t-il pas une image trop utilitariste de l'amour?

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19 juin 2008

Aimer pour être meilleur, Banquet 27

nice_duoPausanias estime que le bel amour rend meilleur... Entrer dans une relation amoureuse par ce que l'amant ou l'amante vous apportera un savoir, quel que soit ce savoir. Henri Irénée Marrou a étudié ces rapports entre éducation et amour dans l'Antiquité. L'éraste apprend à son éromène à monter à cheval, lancer le javelot, réfléchir aux problèmes de la cîté... Sapho de Lesbos enseigne à ses aimées les lettres, la musique et la gymnastique. La femme et l'homme apprennent  aussi beaucoup au contact de l'autre sexe. Pausanias ajoute qu'il faut choisir son amant afin qu'il vous élève moralement. J'avoue que cette idée de l'amour m'enthousiasme...

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18 juin 2008

Eros et service de l'autre, Banquet 26

av_1"Etre au service de quelqu'un".

On oppose trop rapidement l'éros ou désir amoureux qui serait égoïste , à l'agapé ou amour désinteressé. Or l'amant qui se met au service de son aimé et l'éromène qui se donne à son éraste participent d'un amour qui peut devenir soin de l'autre, pour l'autre. C'est là une piste platonicienne sublime de tout amour humain...

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17 juin 2008

Esclavage et Eros, Banquet 25

eros_et_esclaA en croire Pausanias, un convive du Banquet, tout esclavage, même consentant, serait blamable. Il excepte l'esclavage de l'amoureux et celui qui a pour objet, la vertu...

Certains hommes, certaines femmes ne peuvent aimer que dans la soumission. D'autres cherchent le plaisir sensuel dans une fantasmagorie servile. Plus souvent la passion amoureuse semble aliéner au point de devenir "acro", dans une situation de radicale dépendance à l'autre. Mais est-on jamais l'esclave de quelqu'un? La dialectique du maître et de l'esclave semble trompeuse dans un duo amoureux. Aime-t-on vraîment quand on abdique sa liberté? Celle-ci n'est-elle pas la condition de l'échange amoureux?

Dans un autre domaine: esclave de la vertu! Etre incorruptible ne serait-ce pas renoncer à sa liberté! J'avoue que ces forçats de la vertu me font un peu peur.

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16 juin 2008

amour, argent et pouvoir, Banquet 24

blasen1"Il est honteux de se laisser conquérir par l'appât de l'argent et du pouvoir politique"

Et pourtant, les exemples ne manquent pas. Aimer quelqu'un pour son portefeuille. La relation s'apparente à de la prostitution même si elle révèle sans doute une peur ancestrale, celle de manquer. L'amour a toujours avoir avec le désir de survie, de sécurité, et aussi avec le sentiment de possession ... La relation de l'amour au pouvoir est probablement plus complexe. La sexualité joue de cette puissance. Le couple paraît souvent traversé par cet enjeu. L'homme ou la femme de pouvoir attire. Besoin de protection, abdication rassurante de celui ou celle qui remet à l'autre la décision? Valorisation, sentiment d'exister en s'approchant de ceux qui semblent agir sur le réel, espoir de participer à cette gloire?

Platon méprise ces mobiles amoureux qui ne sont ni stables ni solides. Sans doute. Je crois que dans ces coeurs épris d'or et de sceptre demeure une nostalgie d'un pur amour...

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15 juin 2008

la grande chasse amoureuse, Banquet 23

boxer02A en croire Pausanias et beaucoup d'autres témoins, la cîté athénienne était le théâtre d'une grand jeu où les uns, les érastes, cherchaient un garçon, les autres, les éromènes, se dérobaient.Le subtile et rude jeu de la séduction masculine se jouait au stade, à la palestre, au cours des chasses et des longues chevauchées dans les collines de l'Attique, au départ et au retour des incessantes expéditions militaires, à l'agora ou au banquet...Il fallait beaucoup de temps pour que se noue cette relation entre le jeune homme et son aîné à la barbe drue...

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13 juin 2008

Quand dire "oui", Banquet 22

thierry_avecQu'est ce qu'un bel amour? Pausanias envisage la question en pensant à l'éromène (l'aimé): quand peut-il répondre favorablement au désir de celui qui l'aime? Pausanias répond: "céder de belle façon à quelqu'un qui le mérite". Le philosophe laisse entrevoir que la beauté de l'amour réside à la fois dans le sujet (Qui j'aime? Ou mieux ici, par qui je consens à être aimé?) et dans l'acte même d'aimer (comment j'aime?). L'aimé doit  discerner le désir de l'amant. L'aime-t-on seulement ou plus pour son apparence? Le dialogue platonicien constate la fragilité des amours qui ne se fondent que sur l'attrait physique. Beaucoup plus solides sont les amours qui prennent en considération toute la personne: esprit, caractère. Désirer l'âme au delà du corps. Seul le temps permettra à l'aimé de voir clair en son prétendant. Ainsi bien aimer supposera d'avoir de la force de caractère et de la patience, pour apprendre à se connaître... l

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11 juin 2008

Réticence à l'amour grec à Athènes? Banquet 21

zeus_ganySi l'homosexualité fut répandue en Grèce antique, dans le cadre bien défini des relations erastes-éromènes décrites précédemment, ces amours rencontrèrent des résistances à Athènes même. D'abord chez des pères légitimement inquiets de voir leurs fils détournés par des hommes dont ils pouvaient craindre l'influence. Ensuite par les jeunes gens qui n'appréciaient pas que tel homme leur tourne autour. Il fallait aussi compter sur les moqueries et les jalousies des camarades, car les garçons sont impitoyables à cet âge. Enfin certains hommes considéraient ces relations, selon Pausanias, comme "déplacées", soit que leurs inclinations les portassent exclusivement vers le sexe opposé, soit que, homosexuels, ils fussent attirés par des gens de leur âge et non par des plus jeunes...

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10 juin 2008

on pardonne tout aux amoureux, Banquet(20)

baiserA en croire Pausanias, avec quelle indulgence la société athénienne pardonnait aux amants toutes leurs stratégies de séduction! Rien de répréhensible, rien de honteux, rien de ridicule! L'amant pouvait se coucher devant la porte de l'aimé(e), faire la cour la plus éhontée. Les dieux pardonnaient même le mensonge et le parjure quand il s'agissait d'Eros.  Aimer sans scrupule comme dans un salon libertin du XVIII ème siècle? Non,  je ne marche pas...

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07 juin 2008

"fussent-ils moins beaux" (Banquet 19)

thierry28On retrouve un peu d'humanité dans ces mots. Pausanias exprime cet idéal moral: les citoyens devraient choisir leurs amants parmi les jeunes gens( "bien nés") sans que la beauté physique soit décisive dans ce choix. L'amour homosexuel pourrait-il mieux que l'amour hétérosexuel satisfaire cette exigence? Quelques réflexions me viennent en roulant vers Saint-Lô.

Je ne sais si la cadre de la cité antique-je pense à l'Athènes du Vème siècle - se prêtait bien à ce désintéressement. Le stade où se nouaient beaucoup d'idylles masculines mettait en valeur les gaillards les plus athlétiques. Partout la statuaire exposait aux regards le canon d'un homme aux proportions idéales...

Le milieu gay d'aujourd'hui laisserait entrevoir un monde parfois féroce où l'apparence et les codes vestimentaires ont force de loi. Quelqu'un me confiait: il arrive un âge (trente ans, quarante ans?)où tu deviens transparent. Les autres littéralement ne te "voient" plus...

Pourtant l'amour homosexuel peut par sa nature se soustraire à cette dictature des apparences. Il n'y rentre par définition aucun souci de se perpétuer et donc échappe à toute tentation eugéniste. Le charme viril opère sans artifice. L'amour évoqué ici dans le Banquet ne recherche pas le parfait mais le perfectible, non pas le beau acquis mais le beau en devenir. Le souci esthétique et éthique qu'il renferme est un processus, ou mieux une éducation. Dans cette perspective-que je fais mienne- nul n'est exclu à priori. Le temple de l'amour platonicien n'est pas une boîte branchée. Il n'y a pas d'"entrée réservée"!

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