Chaque homme dans sa nuit

je suis un homme de 46 ans passionné par la théologie, la Bible, la littérature (Julien Green, Mauriac, Proust...) le sport(course à pied, triathlon), j'aime les paysages (La Normandie, saint-Malo, Annecy...).

28 décembre 2009

Fable de Venise

fable_de_VeniseComme nous marchions vers le Ghetto, je n'oubliai pas Hugo Pratt et son célèbre épisode de Corto Maltese "Fable de Venise".

Cette bande dessinée, peut-être la meilleure des aventures du marin maltais, nous introduisait dans la Venise ésotérique des loges maçoniques, des sectes, de la Kabbale. Corto  y cherchait un bijou, la clavicule de Salomon, dont on ne savait trop s'il existait ou non.La belle Hipazia  lui chuchotait: " Vous croyez à la magie? Ah Corto, la véritable magie, c'est l'amour et l'harmonie".

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25 décembre 2009

sargschwarz lackierte Gondel

gondolesCette remarque de Thomas Mann: par leur couleur noire laquée, leur intérieur capitoné, les gondoles vénitiennes évoquent de façon troublante des cercueils. Les passagers feraient à leur insu une sorte de traversée du Styx, répétition de leur dernier voyage, "letzte und schweigsame Fahrt". Les couples si nombreux à s'y embarquer pour leurs lunes de miel y noueraient des noces fatales avec la mort.

La mort s' annonce dans les gondoles de Venise, mol et voluptueux abandon, "süsse Lässigkeit"...

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01 novembre 2009

grand hôtel des bains

lido_grand_h_telNous marchons un temps vers le nord, puis nous rebroussons chemin.

Derrière les arbres, à l'écart de la plage, nous découvrons le fameux "grand hôtel des bains". L'établissement semble endormi. Je pense à Thomas Mann, dont j'ai un volume dans le sac à dos et à Visconti aussi.

Les hautes fenêtres soigneusement encloses donnent sur le large: "Er blickte hinaus auf den nachmittäglich menschenarmen Strand... die See, die Flutzeit hatte und niedrigte, gestreckte Wellen in ruhigem Gleichtakt gegen das Ufer sandte". "Il regarda dehors la plage désertée, la marée était haute et poussait à un rythme paisible et égal, des vagues basses et allongées contre le rivage"...

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31 octobre 2009

le campo san Polo

campo_san_poloLe campo San Polo ce matin.

Je reste seul assis sur mon banc après le départ du jeune officier allemand. Je sens encore le parfum glacé qu'il portait sur lui. J'ai un peu froid dans ma veste de cuir. J'ouvre le rivage des syrtes et relis le premier chapitre.

Orsenna par bien des côtés a les traits de Venise...

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30 octobre 2009

La lagune et ses barene

bar_neLa lagune de Venise n'a pas de fonds. On semble  y avoir pied la plupart du temps. Parfois des terres exondées portent des roseaux ou des joncs.

Ce paysage ouvert au ciel, inhospitalier, stérile en apparence et pourtant humanisé, me donne envie de relire le rivage des Syrtes.

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Partir en voyage

larbaudCe matin, j'ai été réveillé à 4h00 par un SMS! Vingt minutes plus tard, nous nous levions.

Nous partons en voyage! A ces heures encore noires de la nuit, je crains de croiser du gros gibier sur la route, mais la lumière des phares ne surprend qu'un ou deux chats dans les villages de Bauchamp et de Champrépus.

Il fait 12° à Granville, 8° dans la plaine de Caen, où nous trouvons du brouillard.

A Beuzeville, je bois un café bien serré. Nous nous relayons au volant.

Nous passons par Rouen. Le jour se lève sur la vallée de la Seine. Mantes, Les Mureaux...

Notre petite Volkswagen s'engage sur la Francilienne à Cergy Pontoise. Long contournement par le nord de l'agglomération parisienne. Quelques ralentissements dûs à des travaux et à un camion arrêté à un rond point. Sur cette route, La croix verte était, quand j'habitais l'Oise, ma porte d'entrée dans Paris: d'un côté les champs de Picardie, de l'autre les banlieues et les promesses de la ville.

Nous arrivons à Roissy-Charles de Gaulle, entrelacs de pistes d'atterissage, d'autoroutes, de bretelles de sorties, de voies RER...

Je suis heureux. Comme j'aime les voyages! Rien ne m'est plus étranger que l'esprit casanier. Comme Valéry Larbaud, j'aurais volontiers été "citoyen des wagons-lis"...

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02 août 2009

Nuit à Voiron

stBrunoVoironNous nous sommes arrêtés hier soir à Voiron. Température:32°.

L'autoroute qui nous a ramenés hier soir vers Grenoble était majestueuse et pratique, mais je sais aussi les conséquences de telles infrastructures sur l'environnement.

Dîner dans un restaurant chinois. Une grand-mère nous confie: "aller vivre chez mes enfants et petits-enfants?  Pas question.Le téléphone sonne sans arrêt, la télévision est allumée en permanence. Ils se lèvent tard et se couchent tard, alors que je me lève tôt et me couche tôt..."

La nuit  à Voiron fut rendue pénible par une équation difficile à résoudre: ou bien ouvrir la fenêtre et gagner sinon de la fraîcheur, du moins un semblant d'air, mais être tenu éveillé par la circulation et les cris de la rue, ou bien fermer la fenêtre et "cuire dans son jus"... Allons y pour le bruit. Nus, le drap rejeté, pas de ptit coin frais sur l'oreiller, nous  avons l'impression de revivre cela chaque été à Voiron...

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01 août 2009

On ferait quoi à Chichilianne ?

chichilianneIl n'est pas de petit paradis sur terre que "l'ange au glaive tournoyant" ne vienne contrarier... Hier soir, coup de téléphone. Mauvaise nouvelle. Il va falloir écourter ces heureuses vacances et repartir vers Compiègne, avec malgré tout une petite escale à Annecy.

L'arrivée de lourdauds bruyants dans ce champ de chalets si calme achève de gâcher cette dernière soirée dans le Trièves.

Ce matin, après avoir rangé et nettoyé le chalet, nous allons à Chichilianne, commune située "en route torse, au fond d'un vallon" (dixit Giono).

"On ne va pas à Chichilianne. On irait. On y ferait quoi? " s'interroge encore Jean Giono. On y ferait quoi? Eh bien, randonner!

Chichilianne est le village du meurtrier dans le roi sans divertissement. Mais plus encore qu'à Lalley, il est difficile de retrouver ici  le roman, tant le minuscule bourg a des maisons neuves ou rafraichies.chichilianne_b

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31 juillet 2009

Là où commence l'automne

fr_neAu col de la croix, je relis ce passage du Roi sans divertissement qui m'avait tant fait  rêver sur les bords du canal d'Ile et Rance, un jour d'été, quand papa vivait encore:

"Vous êtes allé au col de La Croix? Vous voyez la piste qui va au lac de Chauzon?  A l'endroit où elle traverse les prés à Chamois en pente très raide ... vous arrivez juste sous l'aplomb de la face ouest du Ferrand..."

Le livre de Giono dans une main, l'appareil photo de l'autre, nous cherchons le fameux lieu où commence l'automne. Un frêne.

"C'est là que l'automne commence. Est ce qu'il y a eu une sorte de mot d'ordre donné, hier soir, pendant que vous tourniez le dos au ciel pour faire votre soupe? Ce matin, comme vous ouvrez l'oeil, vous voyez mon frêne qui s'est planté une aigrette de plume de perroquet jaune d'or sur le crâne. Le temps de vous occupez du café.... il ne s'agit déjà plus d'aigrette, mais de tout un casque fait des plumes les plus rares: des roses, des grises, des rouille..."

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30 juillet 2009

Espace Giono et géographie littéraire.

Tri_ves_2009_007A Lalley je n'ai pas manqué de visiter l'espace Giono. Celui n'est formé que d'une seule pièce accolée à la bibiothèque communale.

Le territoire des romanciers est leur imaginaire. Pourtant des lieux ont inspiré leurs créations et j'aime associer des écrivains, des oeuvres, des genres littéraires à des paysages. Dans cette construction d'espace, le lecteur a sa part. Cette géographie littéraire est mouvante, sans cesse en redéploiement. J'emprunte moins aujourd'hui certains itinéraires alors que de nouvelles voies s'ouvrent.

Je me risque à esquisser certaines directions:

A l'ouest, Combourg et son château. Un seigneur, Chateaubriand. Les mémoires, le grand chantier autobiographique...

Au Nord-Ouest, Cabourg et sa plage. Un vacancier malade, Proust. Les grands romans d'amour...

Au Sud-Est, Annecy, son lac et ses montagnes. Un marcheur sensible, Rousseau. Les essais politiques, les combats pour l'éducation....

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