Chaque homme dans sa nuit

je suis un homme de 43 ans passionné par la théologie, la Bible, la littérature (Julien Green, Mauriac, Proust...) le sport(course à pied, triathlon), j'aime les paysages (La Normandie, saint-Malo, Annecy...).

15 juin 2008

La Normandie et le Bas-Languedoc

st_germ_011Randonnée de ce dimanche le long des bords de l'Orne, au sud de Caen.

Je me souviens que dans un opuscule, Gide oppose ses deux terres familiales, celle de Normandie et celle du Midi, avec des mots parfois durs envers la première. Si j'aime voyager dans les pays méditerranéens, je préfère vivre en Normandie. Je n'aime ni la sécheresse implacable, ni la lumière aveuglante, ni les vents maigres du Sud. Je veux courir à toute heure du jour dans la tiédeur de nos plages, pédaler sur les petites routes du bocage, lire sous les pommiers de papa, faire l'amour quand l'averse grêle sur les toits.

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15 avril 2008

plage du Gurp

soulac2_004Sur le chemin du retour, nous attachons nos vélos au Gurp et nous nous attardons sur l'immense plage. Lecture sur le sable, marche les pieds dans l'eau. Le froid prend les chevilles en tenaille.

A l'entrée de la plage du Gurp, des blockhaus rappellent le mur de l'Atlantique. Un peu plus au nord, la pointe de Gavre et la poche de Royan n'ont été libérées qu'au prix d'âpres et meurtriers combats.(16-20 avril 1945)

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12 avril 2008

soleil sur bibiothèque

001Belle promenade sur les côteaux de Bréville avec deux femmes charmantes. Au retour, je m'asseois fatigué devant une de mes bibliothèques. Le soleil projette ses rayons sur les lourdes étagères en bois, faisant luir successivement les reliures havane,  vert émeraude, bleu, rouge vénitien, Corinthe... les connaisseurs auront reconnu la collection emblématique d'une célèbre maison d'édition française. Pourquoi ne pas l'avouer? Les "Pléiades" sont le seul luxe de ma maison et j'aurais beaucoup de mal à m'en séparer. Adolescent d'une famille ouvrière, je portais des regards envieux et frustrés sur ces livres aussi somptueux qu'inabordables. Plus tard, mes soeurs et mes frères cassaient leurs tirelires pour m'offrir "la "Pléiade de Noël. Le temps de l'université fut celui des achats d'occasion chez les bouquinistes. Ainsi je me constituais patiemment cette bibliothèque idéale. L'entreprise continue et je guette les prochaines parutions avec gourmandise. Je peste que certains auteurs français en soient encore absents (Jouhandeau, Duras, Tournier, Cendrars...). je regrette que la collection ne fasse pas meilleur accueil à la litérature du monde francophone( Césaire, Senghor...). Par ailleurs avoir "en Pléiade" l'institution chrétienne de Calvin ou la Chanson de Rolland me comblerait. De grands romanciers américains manquent à l'appel, et le domaine germanique est cher à mon coeur (Thomas Mann, Bernhard, Döblin, Roth, Canetti...).Ma bibliothèque de la Pléiade n'est pourtant pas un musée-et l'exhaustivité demeure une utopie-. Certains volumes à force d'avoir été brinquebalés dans des sacs à dos ou d'avoir attendu, à côté des crampons, dans les vestiaires de stade, sont fatigués et ont perdu depuis longtemps leur boîte de carton (pardon aux puristes). Pourtant c'est toujours avec un plaisir quasi religieux que j'ouvre mes Pléiades, avide de lire et d'apprendre....

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28 janvier 2008

l'île mystérieuse

vezzanoC'est peut-être le chapitre que je préfère dans Le rivage des Syrtes: l'excursion d'Aldo et Vanessa par une belle journée d'automne, à Vezzano. L'île oppose ses hautes falaises aux rivages lagunaires des Syrtes, elle marque la limite du territoire d'Orsenna. Julien Gracq nous transporte dans une aire géographique qui évoque plus les roches d'Helgoland ou les côtes accores, fraiches et blanches de l'Angleterre ou de la haute Normandie que les littoraux de l'Adriatique. L'approche de Vezzano donne lieu à des pages magnifiques, où comme toujours l'observation précise s'accompagne d'une poésie intense. L'île mystérieuse, "à la solitude malveillante et hargneuse", attire notre jeune couple vers ses terres d'amour et de mort...

En pensant à cette île septentrionale, je m'en vais vers l'Allemagne.

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24 janvier 2008

La vague sur la côte ouest

DSC01075Ici, la nuit, tantôt la mer est là, heurtant de ses eaux sombres la jetée ou grignotant la dune, tantôt elle est loin et ne se signale à l'oreille que par son grondement nocturne... Je lisais dans le rivage des syrtes: "la flèche des sables fermait l'horizon d'une barre noire; par la passe ouverte, les rouleaux de vagues gonflés par la marée déferlaient en paliers phosphorecents de neiges écumeuses...qui semblaient crouler théâtralement par saccades du coeur même de la nuit".

Je n'ai pas retrouvé ce passage des Mémoires d'outre-tombe où Chateaubriand évoque "la Bretagne où tout a changé, hors les vagues qui changent toujours"

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04 janvier 2008

Le sortilège des cartes

carte_5"Debout, penché sur la table, les deux mains appuyées à plat sur la carte, je demeurais là parfois des heures, englué dans une immobilité hypnotique d'où ne me tirait pas même le fourmillement de mes paumes" Julien Gracq, le Rivage des Syrtes.

Les cartes ne sont pas de simples modèles réduits du monde, ni seulement des projections mathématiques et conventionnelles du réel. Chaque couleur, ligne ou figuré porte en lui une variété de paysages possibles. Les cartes aiguillonnent l'imagination, mais lui donnent en même temps des balises et des bornes. Adolescent, j'aimais regarder une carte sur l'oreiller, et, attentif à la légende, me représenter des pays sur le globe ou des régions de France: les îles ioniennes ou l'estuaire de la Gironde, les méandres de la Seine maritime, ou la chaîne de la Cordillère des Andes...

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27 juillet 2007

Jardins d'Argences

DSC01094Caroline Lecardonnel cultive ses jardins comme on écrit un livre. Les ifs, les charmes, les buis, les roses, les nénuphars ont remplacé les mots chez cette femme écrivain qui s'est établie en 1989 à Argences et a créé dix jardins autour d'un petit manoir XVII ème du Coutançais. Hier, je m'y suis promené avec ma mère. Les plantes comme les animaux ont un pouvoir cicatrisant sur les peines du coeur...DSC01095

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15 juillet 2007

mon Odyssée

DSC01075En allant chez des amis à Dinard, par la route côtière, entre Cancale et Saint-Malo. La mer scintillait à contre jour. Cette portion de littoral découpée en rochers, caps, longues plages de sable, anses, petits havres formait l'"Odyssée" de mon enfance. L'imaginaire du petit garçon la peuplait de monstres et de sirènes. J'étais fier au delà de toute mesure d'avoir une grand-mère cancalaise...

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21 septembre 2006

Pylos des sables et sable normand

DSC00757Quel privilège de pouvoir lire l'Odyssée et de rêver de Télémaque arrivant sur le sable de Pylos, tranquillement assis sur sur une plage normande face à "la mer vineuse". Quelle joie  aussi de revenir de Bretagne et d'avoir vu le visage restauré de papa grâce aux soins de ma mère. Mon père allait bien hier, nous avons même pu ensemble ranger les chaises de jardin dans le grenier. Merci à tous les amis internautes pour leur soutien. Merci à l'Eternel.

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28 août 2006

vitre du Grand Hôtel au soleil couchant

cabourg_4Hier soir, le soleil couchant d'un dernier dimanche de vacances se reflétait sur les vitres du Grand Hôtel. Marcel Proust a composé la plus grande oeuvre de la littérature français du XXème siècle et peut-être de tous les temps.Grande banalité que d'écrire cela mais qui aime lire doit avoir parcouru ces volumes dans sa vie. Il sont la synthèse d'une époque, décrivent une galerie de portraits inoubliables,accusent les vices d'une société fastueuses, recherchent une vocation, explorent les sentiments amoureux avec une grande finesse, poursuivent la quête philosophique du temps retrouvé. De l'humour, de la culture, du tragique, une intense poésie et la magnificence du style à chaque phrase...

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