Chaque homme dans sa nuit

je suis un homme de 46 ans passionné par la théologie, la Bible, la littérature (Julien Green, Mauriac, Proust...) le sport(course à pied, triathlon), j'aime les paysages (La Normandie, saint-Malo, Annecy...).

31 octobre 2009

le campo san Polo

campo_san_poloLe campo San Polo ce matin.

Je reste seul assis sur mon banc après le départ du jeune officier allemand. Je sens encore le parfum glacé qu'il portait sur lui. J'ai un peu froid dans ma veste de cuir. J'ouvre le rivage des syrtes et relis le premier chapitre.

Orsenna par bien des côtés a les traits de Venise...

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30 octobre 2009

La lagune et ses barene

bar_neLa lagune de Venise n'a pas de fonds. On semble  y avoir pied la plupart du temps. Parfois des terres exondées portent des roseaux ou des joncs.

Ce paysage ouvert au ciel, inhospitalier, stérile en apparence et pourtant humanisé, me donne envie de relire le rivage des Syrtes.

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Partir en voyage

larbaudCe matin, j'ai été réveillé à 4h00 par un SMS! Vingt minutes plus tard, nous nous levions.

Nous partons en voyage! A ces heures encore noires de la nuit, je crains de croiser du gros gibier sur la route, mais la lumière des phares ne surprend qu'un ou deux chats dans les villages de Bauchamp et de Champrépus.

Il fait 12° à Granville, 8° dans la plaine de Caen, où nous trouvons du brouillard.

A Beuzeville, je bois un café bien serré. Nous nous relayons au volant.

Nous passons par Rouen. Le jour se lève sur la vallée de la Seine. Mantes, Les Mureaux...

Notre petite Volkswagen s'engage sur la Francilienne à Cergy Pontoise. Long contournement par le nord de l'agglomération parisienne. Quelques ralentissements dûs à des travaux et à un camion arrêté à un rond point. Sur cette route, La croix verte était, quand j'habitais l'Oise, ma porte d'entrée dans Paris: d'un côté les champs de Picardie, de l'autre les banlieues et les promesses de la ville.

Nous arrivons à Roissy-Charles de Gaulle, entrelacs de pistes d'atterissage, d'autoroutes, de bretelles de sorties, de voies RER...

Je suis heureux. Comme j'aime les voyages! Rien ne m'est plus étranger que l'esprit casanier. Comme Valéry Larbaud, j'aurais volontiers été "citoyen des wagons-lis"...

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02 août 2009

Nuit à Voiron

stBrunoVoironNous nous sommes arrêtés hier soir à Voiron. Température:32°.

L'autoroute qui nous a ramenés hier soir vers Grenoble était majestueuse et pratique, mais je sais aussi les conséquences de telles infrastructures sur l'environnement.

Dîner dans un restaurant chinois. Une grand-mère nous confie: "aller vivre chez mes enfants et petits-enfants?  Pas question.Le téléphone sonne sans arrêt, la télévision est allumée en permanence. Ils se lèvent tard et se couchent tard, alors que je me lève tôt et me couche tôt..."

La nuit  à Voiron fut rendue pénible par une équation difficile à résoudre: ou bien ouvrir la fenêtre et gagner sinon de la fraîcheur, du moins un semblant d'air, mais être tenu éveillé par la circulation et les cris de la rue, ou bien fermer la fenêtre et "cuire dans son jus"... Allons y pour le bruit. Nus, le drap rejeté, pas de ptit coin frais sur l'oreiller, nous  avons l'impression de revivre cela chaque été à Voiron...

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01 août 2009

On ferait quoi à Chichilianne ?

chichilianneIl n'est pas de petit paradis sur terre que "l'ange au glaive tournoyant" ne vienne contrarier... Hier soir, coup de téléphone. Mauvaise nouvelle. Il va falloir écourter ces heureuses vacances et repartir vers Compiègne, avec malgré tout une petite escale à Annecy.

L'arrivée de lourdauds bruyants dans ce champ de chalets si calme achève de gâcher cette dernière soirée dans le Trièves.

Ce matin, après avoir rangé et nettoyé le chalet, nous allons à Chichilianne, commune située "en route torse, au fond d'un vallon" (dixit Giono).

"On ne va pas à Chichilianne. On irait. On y ferait quoi? " s'interroge encore Jean Giono. On y ferait quoi? Eh bien, randonner!

Chichilianne est le village du meurtrier dans le roi sans divertissement. Mais plus encore qu'à Lalley, il est difficile de retrouver ici  le roman, tant le minuscule bourg a des maisons neuves ou rafraichies.chichilianne_b

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31 juillet 2009

Là où commence l'automne

fr_neAu col de la croix, je relis ce passage du Roi sans divertissement qui m'avait tant fait  rêver sur les bords du canal d'Ile et Rance, un jour d'été, quand papa vivait encore:

"Vous êtes allé au col de La Croix? Vous voyez la piste qui va au lac de Chauzon?  A l'endroit où elle traverse les prés à Chamois en pente très raide ... vous arrivez juste sous l'aplomb de la face ouest du Ferrand..."

Le livre de Giono dans une main, l'appareil photo de l'autre, nous cherchons le fameux lieu où commence l'automne. Un frêne.

"C'est là que l'automne commence. Est ce qu'il y a eu une sorte de mot d'ordre donné, hier soir, pendant que vous tourniez le dos au ciel pour faire votre soupe? Ce matin, comme vous ouvrez l'oeil, vous voyez mon frêne qui s'est planté une aigrette de plume de perroquet jaune d'or sur le crâne. Le temps de vous occupez du café.... il ne s'agit déjà plus d'aigrette, mais de tout un casque fait des plumes les plus rares: des roses, des grises, des rouille..."

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30 juillet 2009

Espace Giono et géographie littéraire.

Tri_ves_2009_007A Lalley je n'ai pas manqué de visiter l'espace Giono. Celui n'est formé que d'une seule pièce accolée à la bibiothèque communale.

Le territoire des romanciers est leur imaginaire. Pourtant des lieux ont inspiré leurs créations et j'aime associer des écrivains, des oeuvres, des genres littéraires à des paysages. Dans cette construction d'espace, le lecteur a sa part. Cette géographie littéraire est mouvante, sans cesse en redéploiement. J'emprunte moins aujourd'hui certains itinéraires alors que de nouvelles voies s'ouvrent.

Je me risque à esquisser certaines directions:

A l'ouest, Combourg et son château. Un seigneur, Chateaubriand. Les mémoires, le grand chantier autobiographique...

Au Nord-Ouest, Cabourg et sa plage. Un vacancier malade, Proust. Les grands romans d'amour...

Au Sud-Est, Annecy, son lac et ses montagnes. Un marcheur sensible, Rousseau. Les essais politiques, les combats pour l'éducation....

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19 juillet 2009

Randonnée à Becherel, Samuel Pepys

Tri_ves_2009_b__001Ce dimanche après-midi, nous stationnons la voiture dans le village des Ifs et nous partons pour  ce que nous croyons être une petite randonnée vers Bécherel. C'est mal connaître le chemin, et l'itinéraire, très beau, nous prend  trois bonnes heures aller-retour.

Dans une librairie de Bécherel, je me procure le journal de Samuel Pépys, que je cherchais depuis longtemps. J'en lis quelques pages. Son auteur, qui travaillait pour la recette de l'Echiquier, à Londres, a tenu un journal sur une durée assez courte, de 1660 à 1669. Ce document est précieux non seulement car il rencontre la grande Histoire, les conflits politiques entre la monarchie et le parlement au temps des Stuart, mais aussi et, peut-être surtout, par la chronique minutieuse, presque maniaque que l'auteur tient du quotidien: repas, habillement, santé, météorologie... Le journal de Pepys donne le regret de ne pas noter suffisamment ces détails de la vie, que d'aucuns prennent pour des vétilles, et qui acquièrent tant de prix avec le temps....

En marchant, discussion passionnante à propos de ce que nous aurions pu faire dans une autre vie.  Je me lance:j'aurais aimé être sportif à plein temps, écrivain ou pasteur. On ne sourit pas...

J'ai fini la journée en mangeant une omelette au beurre et à la ciboulette, que ma mère seule réussit! Et au lit! Je pastiche Pepys.

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11 avril 2009

Sur les terres de l'Odyssée

earikinikoRandonnée à Ithaque.

Les chats qui surgissaient des poubelles, les moutons effarouchés dans les prairies.

Les oliveraies. la route montait et descendait.

Les multiples baies d'Ithaque. Les bleus de cobalt, d'outre-mer, ces couleurs sombres vers le large, plus claires le long des côtes.

La plage d'Earakiniko est magnifique de là-haut.   C'estune vraie décharge quand on y arrive.

A chaque pause, je lisais. L'escale chez les cyclopes compte parmi les épisodes les plus populaires de l'Odyssée. A treize ans, avec ce goût de l'horreur propre à cet âge, nous nous régalions   de cette histoire de géants qui dévoraient les marins. Ce n'est que bien plus tard que je mesurai vraiment la cruauté de ce récit: "sur mes compagnons, il élance les mains ouvertes, les saisit et les rompt comme des petits chiens...leurs cervelles coulant sur le sol, l'arrosaient"(sic)...

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09 avril 2009

Vigne d'Ithaque

vigneEn revenant de Port Polis, à travers les vignes, je pense à cet amour de la vie terrestre qui transparaît dans l'Odyssée : le vin aux sombres feux des mangeurs de pain, les feux de thuyas odorants dans le logis de Calypso, les danses et les chants des Phéaciens, l'amour dans les bras de Pénélope ou de la magicienne Circé...

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