06 décembre 2012

Théognis, ou la morale triste d'un conservateur

Παντων  μεν μη φυναι  επιχθονιοισιν αριστον μηδ εσιδειν  αυϒας  οξέος ηελιου Jeudi 6 décembre,  au lycée puis au domicile d'amis, je lis les cinq cents premiers vers des élégies de Théognis, traduction en regard du texte grec. Théognis vit au VIème siècle avant notre ère, dans une cité grecque, Mégare, située dans l’isthme corinthien. Théognis est aigri par les bouleversements sociaux de la fin du VIème siècle : dans sa cité « en travail », artisans, commerçants investissent le pouvoir. ... [Lire la suite]
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05 avril 2011

La centrale d'Elisabeth Filhol

J'avais acheté ce livre au moment de sa parution et ne l'avais pas lu. Certains livres attendent longtemps...  Et puis il y a eu le séisme japonais du 11 mars et la catastrophe nucléaire de Fukushima. J'ai réouvert ce livre et j'ai lu... Elisabeth Filhol aborde la centrale(nucléaire) en suivant ceux qui y travaillent. Des hommes surtout car les femmes y sont rares. Des gars qui forment une étrange fratrie itinérante, partageant la même caravane, la même précarité, la même solitude, la même peur aussi... Ce n'est pas... [Lire la suite]
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12 mars 2011

Virginie Despentes, Apocalypse Bébé

Retour vers la Normandie. La route n'est pas trop encombrée. Nous retrouvons le ciel gris et même la pluie du côté de Bourges. Dans la voiture, je lis de nombreux chapitres d'Apocalypse Bébé, le roman de Virginie Despentes récompensé en 2010 par le prix Renaudot. La filature de la jeune lycéenne en fugue ne me passionne guère mais la satire cruelle que l'auteur donne de notre société m'amuse beaucoup. Virginie Despentes a un réel talent comique et les pages de caricature font mouche. On pourraît croire à un script de... [Lire la suite]
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09 mars 2011

Les fesses de Jean-Jacques

Difficile de séjourner à Annecy sans Rousseau. Je m'achète une édition de poche des Confessions et je lis le livre III. Rousseau a 18 ans, la tête tout occupée par les filles. Le cher jean-Jacques cède à ses penchants exhibitionistes. Il baisse son pantalon dans des allées sombres, espérant qu'une femme vienne le fesser! "Ce qu'elles(les femmes) voyaient, ce n'était pas l'objet obscène, je n'y songeais même pas; c'était l'objet ridicule". "ridicule", peut-être pas, mais la phrase est joliment tournée. Rousseau avoue: "le sot... [Lire la suite]
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06 mars 2011

sommeils, Du côté de chez Swann (3)

"Quelquefois, comme Eve naquit d'une côte d'Adam, une femme naissait pendant mon sommeil d'une fausse position de ma cuisse..." Marcel Proust, Du côté de chez Swann. La Genèse  a raison. La femme naît du sommeil de l'homme. Ces seins de femmes qui flottent dans nos nuits comme des méduses...
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06 mars 2011

sommeils, Du côté de chez Swann (2)

"Longtemps je me suis couché de bonne heure..." Voilà une des phrases les plus connues de la littérature mondiale. Je repensais aux premières pages de La Recherche, accoudé à un parapet, sur les bords de la Sarthe. Longtemps j'ai été contraint de me coucher de bonne heure! Toute mon enfance aura été une lutte vaine pour repousser l'heure du coucher. Mes parents surveillaient le moment où nous devions aller au lit, convaincus non sans raison qu'une bonne scolarité passait par un sommeil prolongé. Je me souviens que devant le... [Lire la suite]
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06 mars 2011

du sommeil, du côté de chez Swann

Je m'en doutais. Czapski m'a donné envie de me replonger dans un des volumes de la Recherche du temps perdu. L'ouvrage de l'officier polonais est une excellente introduction à l'oeuvre de Proust. Dans la voiture, sur cette route ensoleillée de Granville vers la Sarthe, j'ai lu et relu les premières pages de Du côté de chez Swann...
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04 mars 2011

Proust contre la déchéance

Ce petit livre est une merveille à donner à tous ceux que l'humanité désespère. Il est né dans un camp de concentration soviétique, Griazowietz. L'auteur, Joseph Czapski, un officier polonais, y donna des conférences en 1940-1941 pour ses codétenus. Des quinze mille hommes déportés, quatre cents survécurent. Les autres disparurent quelque part sous le cercle polaire et aux confins de la Sibérie. Pourquoi lire et enseigner "la recherche" dans un camp de concentration? Un défi à la bêtise triomphante ... [Lire la suite]
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01 mars 2011

Herta Müller, peur de la mort

 Heure d'insomnie. Je dialogue sur un réseau social. Nous évoquons une femme du Gers gravement malade. J'ai repensé à mon père, à de célèbres peintures espagnoles et à ce passage bouleversant du roman la bascule du souffle: "La peur de la mort se mue en envoûtement, dès lors qu'on souhaite la vaincre sans pouvoir y échapper. Même ce froid glacial adoucissait l'horreur. En transe et transi, je me résignais à être fusillé".
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01 mars 2011

Herta Müller, Atemschaukel

J'ai du mal à m'éloigner du monde germanique. Depuis dimanche m'accompagne le dernier roman de Herta Müller, Atemschaukel (traduit en français sous le titre "la balance du souffle").Je n'avais rien lu d'aussi fort dans la littérature concentrationnaire depuis Si c'est un homme! Un jeune Allemand de Roumanie est déporté dans un camp de concentration soviétique en janvier 1945. Le roman est divisé en minces chapitres, un peu comme des Mille et une Nuits d'un univers cruel. Quel regard poétique jeter dans ces états extrêmes de la... [Lire la suite]
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