10 mai 2008
les 60 ans d'Israël, les Kibboutzim
Dans un entretien donné au Figaro, le travailliste Shimon Pérès se souvient qu'il rejoignit en 1944 le kibboutz Haloumi où il fut éleveur laitier et secrétaire. Il confie: "Nous espérions que tout le pays serait un seul et grand kibboutz." les kibboutzim étaient des villages communautaires où non seulement la terre et les outils de travail étaient collectifs mais où la vie sociale et familiale elle même était organisée de façon communautaire. A l'heure où toute alternative à l'économie privée est déconsidérée, même à gauche, Pérès rappelle: "les habitants des kibboutzim sont sept fois plus productifs que le reste de la population!"
Un peu plus loin, Pérès confie: "nous n'avions pas pensé (au début) qu'au lieu de cultiver la terre, nous cultiverions le high-tech"
26 avril 2008
la création de l'Etat contemporain d'Israël
Dans le journal la croix, je lis avec beaucoup d'intérêt les récits croisés de la fondation de l'Etat d'Israël en 1948 par un homme de lettres juif, Haïm Gouri, et un médecin arabe, Mustapha Abdel Shafi. La formation de l'Etat d'Israël a suivi de peu la Shoah, et des survivants de l'épouvante ont combattu et parfois trouvé la mort dans les combats en Palestine. Cependant une lecture sioniste idéaliste doit être revue: le partage décidé par l'ONU ne fut pas équitable et plus d'un demi-million de Palestiniens furent expulsés, dans des conditions qui s'apparentèrent au "nettoyage ethnique"(c'est un historien israelien Ilan Pappé qui l'écrit). J'ai une affection immense pour le monde juif. La création de l'Etat d'Israël en Palestine me paraît répondre à un impératif moral(tout peuple a le droit de vivre en paix sur la terre de ses racines),impératif encore plus net après l'effroyable explosion d'antisémitisme européen du XXème siècle. Les Palestiniens ont le même droit inaliénable à vivre en paix sur un pays qui est aussi le leur. Et surtout n'aggravons pas une situation délicate par de mauvais justificatifs théologiques. Le Réformé que je suis a tendance à douter au dangereux concept de terre sainte, car toute terre est sainte si une parole de paix et de liberté s'y fait entendre... Je reconnais qu'il est plus facile de voir les choses, tranquillement assis dans un fauteuil, à des milliers de kilomètres du conflit....
19 février 2008
Laurenque
Au dessus de Gavaudun, sur le plateau, Laurenque, ses maison, ses ruines, et son église.
Je m'attarde à contempler un petit chapiteau à moitié dévoré par l'usure ou les briseurs d'images. Un griffon s'accroche encore dans la pierre...
A un jeune homme qui ferme son portail en nous interrogeant si nous avons un chien, nous demandons à boire: en somme de l'eau contre un "non chien"! Marché absurde dont les termes m'amusent...
Le château de Gavaudun
Etrange château de Gavaudun, construit peu après l'an 1000 et rebâti après qu'un méchant évêque l'avait rasé au début du XIII ème siècle.
Il semble ne faire qu'un avec la roche qui le porte.
Le donjon aussi fier que devenu inutile...
18 février 2008
Monflanquin(3)
Des libertés des Monflanquinois....
En 1256, à Vincennes, Alphonse de Poitiers, frère du roi Saint Louis, octroya aux habitants de la bastide une charte des libertés...
Ne les chargez point d'impôts :dès son article 1, le document exempta fiscalement les habitants.
Monflanquin, ville propre: quiconque jeterait des immondices dans la rue serait puni (article 14)
De la sécurité urbaine: celui qui aurait porté sa main, son poing ou son pied contre son prochain, payerait une amende (article 17)
Touche pas à mes biens: Le griveleur qui aurait détourné paille, foin, raisin ou pomme, devrait rendre compte de son larcin (article 25)
Ouvre ta bourse ou baisse ton pantalon: l'homme et la femme convaincus d'adultère devraient au choix des intéressés (optio eorumdem) payer 20 sols ou courir nus à travers la ville (article 22)...
Monflanquin(2)
Monflanquin est une bastide. On nomme ainsi ces petites villes nouvelles que la seconde moitié du XIIIème siècle a vu bâtir dans le sud-ouest de la France. Ces cités affranchies des pouvoirs seigneuriaux locaux se reconnaissent par leur plan régulier centré sur une place de marché entourée de portiques ou "couverts".
Monflanquin est une bastide alphonsine car fondée par Alphonse de Poitiers, le frère de Saint Louis. La "montagne" de Monflanquin fut cédée en 1252 par le seigneur de Calviac et la charte de fondation signée en 1256.
En ce lundi d'hiver 2008 la bastide de Monflanquin était blanche de soleil et silencieuse...
09 novembre 2007
"ich war nur ein Kind"
La protestation et la gêne se lisent dans dans ces pages de Günter Grass. A dix ans, il entre volontairement ("freiwillig") dans le Jungvolk, les louveteaux nationaux-socialistes. On oublie trop ce qui pouvait attirer des enfants et des adolescents-qui n'étaient pas nécessairement des SS en puissance-dans ces organisations: les activités de plein air, la camaraderie, les chants et cette proclamation mi libertaire-mi fasciste, clairement démagogique :la jeunesse doit se guider elle même. L'écrivain allemand confie:"Mein Fähnleinführer, ein Arbeiterjunge, war keine zwei Jahre älter als ich: ein Pfundskerl, der Witz hatte auf den Händen laufen könnte. Ich bewunderte ihn, lachte als er lachte..." Son chef était un fils d'ouvrier de 12 ans, il savait marcher sur les mains et quand il riait, son cadet riait aussi...Ils ne sont certes pas les plus coupables, ces garçons vite piégés par ce romantisme juvénile. Créées en 1926, les Jeunesses hitlériennes végètèrent longtemps, concurrencées par les divers scoutismes, puis en 1936 elles devinrent les seules organisations de jeunesse permises en Allemagne et la contrainte s'exerça sur les parents.
Schuld, Schulden
"Ein Wort ruft das andere. Schuld und Schulden. Zwei Wörter, so nah beieinander, so fest im Nährboden der deutschen Sprache verwurzelt...". "Un mot en appelle un autre. Culpabilité et dettes. Deux mots si proches, si bien enracinés dans le sol nourricier de la langue allemande..." Ainsi commence le deuxième chapitre de l'autobiographie de Günter Grass. La culpabilité colle à cette génération allemande vieillissante qui a connu le nazisme et qui a traversé cette période, "untätig" (passive)...
08 novembre 2007
la démocratie modérée
Malgré le peu de temps que me laissent mon travail et mes engagements, je poursuis la lecture du Monde grec aux temps classiques. 500 bouleutes étaient tirés au sort chaque année parmi les citoyens athéniens. "Dans une urne se trouvaient des fèves blanches et des fèves noires, dans une autre les noms des candidats. On tirait simultanément une fève et un nom: fève blanche, il était désigné, fève noire, il était écarté." Les bouleutes préparaient les textes de loi soumis à l'assemblée des citoyens. Pas décret sans texte préalable de la boulé. Si bien que vers 460, la formule "le peuple a décidé" est remplacée par "le conseil et le peuple ont décidé"...
07 novembre 2007
Le peuple a décidé.
Dans l'excellente collection "Nouvelle Clio", lu quelques pages du volume sur le monde grec aux temps classiques. La démocratie, là où elle a pu imparfaitement(-mais ce régime peut-il jamais atteindre la perfection?-) exister, n'était pas, sauf peut-être à Mantinée, une souveraineté représentative mais une démocratie directe. La puissance ou autorité (kratos) résidait dans le peuple, les conseils et les magistrats n'ayant que des pouvoirs délégués(archai). A Athènes, les textes législatifs commençaient par cette formule: "le Démos (le peuple) a décidé..." Ce qui avait été tranché par le peuple ne pouvait être revu.
2500 ans plus tard, dans cette histoire du traité simplifié, il semble qu'on veuille passer outre un référendum. Que je voterais "oui", si on nous consultait, ne change rien à l'affaire. Le Démos avait décidé...