14 décembre 2009
Au vélodrome
Cette toile, accrochée à l'extrémité d'un couloir des collections Guggenheim, m'a donné la nostalgie du sport cycliste. Jean Metzinger a réalisé ce collage un peu avant la première guerre mondiale. Les couleurs vives, un peu cocardières, m'ont attiré vers le tableau. La fusion des formes, la transparence des plans donnent l' illusion du mouvement. On entend presque la cloche signaler le dernier tour de piste, les cris de la foule, le bruit des rayons. Dans la concentration triste de l'effort, le coureur ramassé sur sa machine, agrippant de ses bras nerveux la guidoline, part à la poursuite de ses concurrents. Il imprime toute la puissance maladroite du sprint à son vélo, ses cuisses bandées s'enflent sous le cuissard...
11 décembre 2009
Baignade au Lido
J'ai délaissé ce blog ces dernières semaines, faute de temps... Je ne me sens pas l'énergie de reprendre la chronique détaillée du mois de novembre. Un cahier de mon journal a d'ailleurs disparu...
Ce jour là au Lido de Venise, je finis par me baigner, mais brièvement et sans aligner les longueurs habituelles!
Un peu plus tard, au musée Guggenheim, la baignade fut justement le premier tableau de la collection devant lequel je m'arrêtai. Picasso a peint cette scène paisible alors qu'il préparait son terrible Guernica. Je me sentais bien face à ces eaux bleues de la toile, à ces figures étranges d'une douce science fiction. Ces femmes tout en fesses et en seins déposaient avec un soin maternel le petit bateau, sous les yeux de la drôle de tête qui émergeait à l'horizon.
07 janvier 2007
Léandre le nageur
En nageant l'autre jour dans la piscine de Montparnasse, l'image de Léandre est venue à moi. Cet homme de la mythologie grecque s'était épris d'une prêtresse d' Aphrodite, Héro, et entreprit de traverser à la nage le détroit de l'Hellespont pour rejoindre son aimée. La femme, de sa rive asiatique,guida son amant de nuit par une torche que l'aquilon malheureusement étei gnit. Pris dans les remous de Poséidon, perdu dans les flots, Léandre se noya.
23 juillet 2006
baignoires
Au football, une "baignoire" désigne un stade fait de hautes tribunes dessinant une sorte d'ovale. Chez Proust la "baignoire" est une loge de théâtre: " Mais, dans les autres baignoires, presque partout, les blanches déités qui habitaient ces sombres séjours s'étaient réfugiées contre les parois obscures et restaient invisibles..." Ainsi l'auteur décrit-il le début d'un spectacle où joue la Berma (Du côté de Guermantes")
28 janvier 2006
lumières du Nord
Hier soir, je poursuivais la lecture du merveilleux livre Lumières du nord que le tableau de P E Janssens intérieur hollandais illustre de façon éclatante: une maison néerlandaise, une scène domestique, les rayons du soleil à travers la croisée qui viennent raviver le rouge des rideaux et des dossiers de chaise...Soleil d'hiver, spiritualité protestante, simplicité,quelques toiles sur un mur, tranquillité du travail... Très apaisant après une journée marathon.
16 janvier 2006
se venger du jour et de la nuit, Michel-Ange.
Au cours des années 1525-1527, Michel-Ange sculpte le tombeau du jeune duc Julien de Médicis, abattu par la main des hommes à 25 ans dans la cathédrale de Florence.
Michel-Ange étend sur le sarcophage les figures du jour et de la nuit, et écrit:
"le jour et la nuit parlent et disent: dans notre cours rapide nous avons conduit à la mort le duc Julien. Il est donc juste qu'il se venge. Sa vengeance consiste en ce que maintenant que nous l'avons tué, il nous a ravi la lumière et de ses yeux fermés afermé les nôtres..."
09 janvier 2006
Moïse de Michel-Ange
Je revisite la statuaire de Michel-Ange. Ici le sculpteur rencontre en 1513-1515 un autre géant de l'humanité, Moïse. Le législateur des Hébreux est assis avec des braies de prisonnier barbare, une barbe de roi d'orient, des bras musclés de titan. Voici un homme qui a parlé face à face avec Jehovah Dieu et porte les cornes du Tout-puissant. Pourtant je vois plus d'humanité qu'on ne l'a dit chez ce vieillard farouche. Peut-être cette main qui joue délicatement avec sa barbe, ce regard sans complaisance sur un monde tragiquement beau...
07 janvier 2006
David de Michel-Ange
Michel-Ange a répondu à une commande d'une guilde de Florence par cette statue si connue, dont les copies médiocres ont été démultipliées jusqu'à accompagner mesquinement des nains de jardin. On oublie la monumentalité de cette statue, la beauté du marbre. David n'est plus un enfant, pas encore tout à fait un homme, caractéristique de ces garçons en fin d'adolescence si sûrs d'eux mêmes, prêts à tout, opposant au monde leur force et leur langueur, leurs désirs que rien n'a corrompus. J'en rencontre souvent de ces David au lycée et au stade .
03 janvier 2006
La Pièta

Michel-Ange avait 23 ans lorsqu'il sculpta la Pièta, en réponse à la commande du cardinal ambassadeur de France à Rome. On voit aujourd'hui cette oeuvre à travers une vitre dans la basilique Saint Pierre de Rome. Marie tient sur ses genoux le corps suplicié de son fils. La draperie atténue la dureté d'un bloc de marbre imposant. La vierge a un visage tout en douceur, d'une calme et triste résignation. Cette scène me touche beaucoup.
27 décembre 2005
femme victorieuse, Vienne 1900
En 1898 le peintre Klimt revisite la mythologie et nous propose un tableau de la déesse Pallas Athena, véritable manifeste de la suprématie féminine.
Athena, déesse des arts, montre sa cuirasse ouvragée de dorures, son casque d'airain, sa statuette. Le tableau lui même est encadré de métal travaillé par le propre frère de l'artiste.
Athena, déesse protectrice et victorieuse, a la peau claire, le bras mince, les yeux pers. Ses doigts tiennent délicatement la lance. La femme triomphe et sa gorgone tire la langue à ses détracteurs. Son trophée est une petite femme rousse et nue.
Hommes de la terre, voici votre impératrice !