Teufelbergteufelberg2L'horizon de Berlin est plat. Pas de "montagne"ou de colline comme à Rome, à Paris ou Athènes, sauf ce Teufelsberg que nous escaladons en cette cette fin d'après-midi.

Ambiance bucolique: cerfs-volants et VTT. En contre-bas le grand moutonnement vert de la forêt, plus loin les cheminées d'une centrale, à perte de vue les quartiers de la ville.

Teufelsberg est une butte témoin, non pas de la géologie, mais de l'histoire de l'Allemagne. La colline est artificielle, faite de l'amoncellement des gravats de la seconde guerre mondiale. Nous marchons sur les ruines d'environ 400 000 bâtiments!

Choisir la  pelouse sèche de Teufelsberg("la montagne du diable") pour réfléchir au sens de la tragédie nazie. Le drame  n'avait-il pas été selon Thomas Mann l'égarement de"l'Innerlichkeit",  de cette intériorité, cette profondeur d'âme? Elle aurait jeté les Allemands contre le rationalisme du siècle des lumières. La musique contre la littérature, le völkisch contre l'universel, l'instinct contre l'intellect. Les frustrations de la première guerre mondiale, la crise des années 1930 auraient précipité les choses....