stadtbadEn début de soirée, nous allons nager au Hallenbadwilmersdorf.

Dans les vestiaires, nous croisons de grands gaillards qui reviennent nus des bassins, car le créneau horaire précédent notre arrivée était naturiste.

Je nage 1100 mètres dans une ligne d'eau presque saturée de baigneurs.

Cette demi-heure de natation nous fait le plus grand bien. J'ai un formidable apétit de vivre pendant ces vacances à Berlin: marcher, visiter, rencontrer. S'imprégner de tout comme un chat dans la nuit.

Vivre. En me douchant, je pense à ce passage terrible de Berlin Alexanderplatz où Franz se souvient de son meurtre. Döblin raconte cela en alternant réminiscence de tragédie grecque, formule de sciences physiques et  une narration banale.

Vivre quand sa compagne est morte. Le contraste entre un corps froid se décomposant quelques mètres sous terre et la vie qui continue plus haut:

"Der sie getötet hat, geht herum, lebt, blüht, säuft, frisst, versptitzt seinen Samen, verbreitet weiter Leben"." Lui, qui l'a tuée, il circule, vit, s'épanouit, picole, bouffe, gicle sa semence, répand la vie..."