euro_grec"Quelle heure est-il?" "18h00" me répond l'hôtesse de l'air au moment où je quitte l'appareil. Je crois avoir un peu dormi dans l'avion, mais je me souviens d'avoir vu, image tirée de mon sommeil, le golfe de Saronique étincelant sous la lumière vive d'Apollon.

Nous prenons le métro. je suis fatigué, mais heureux de voir défiler derrière la vitre du Wagon, la terre rouge de l'Attique et ses oliviers, ce pays qui monte de la mer vers le soleil, comme dans un poème de Pindare.

A un mendiant aux pieds ensanglantés qui demandait l'aumone, j'ai donné quelques pièces. Je pense beaucoup à la crise grecque. En novembre, l'annonce par le premier ministre Georges Papandréou, d'un déficit d'un montant équivalent à 12,7 % du PIB donna beaucoup d'inquiétude, de déception aussi. J'avais certes été surpris de voir la Grèce si rapidement satisfaire aux critères de convergence pour entrer en 2002 dans la zone euro. Les travaux colossaux pour les jeux olympiques, ces aménagements rapides m'étonnèrent. On avait menti sans doute. Le pays n'avait pas les reins solides. La spéculation a aggravé les choses, et maintenant les agences de notation enfoncent le clou...

Je me pose beaucoup de questions: Cette crise est-elle manque de liquidité ou défaut de solvabilité? La Grèce pourra-t-elle s'en sortir sans quitter la zone euro? La grèce peut-elle faire faillite? Les aides européennes suffiront-elles? Comment la société grecque va-t-elle supporter le régime d'austérité qui s'annonce si dur pour le simple citoyen? Pouvons-nous faire les malins, nous Français, dont les dettes sont abyssales? Après la Grèce, à qui le tour?