Megere_3La soirée du premier janvier à la comédie française a été pour moi un enchantement. Dans la salle Richelieu était jouée la mégère apprivoisée. Shakespeare raconte une double histoire, celle d'un paysan à qui un Lord fait accroire qu'il est un grand seigneur, celle d'une jeune femme, plus sauvage que mégère, que son mari va "dresser". Oskaras Korsunovas n'a pas renoncé à cette mise en perspective: dans le théâtre existe encore un autre théâtre. Après qu'un "intrus" est monté sur scène, le rideau se lève sur la confrontation de l'aristocrate et de l'ivrogne endormi et cette première scène s'achève sur un tableau très shakespearien de chiens-squelettes hurlant dans la nuit. Puis nouveau décor: une tringle où pendent d'inombrables habits encombre la scène. Les acteurs portent des planches peintes où sont dessinés leurs costumes ou des miroirs. Ce choix se révèle interessant mais ne facilite pas toujours la compréhension du spectateur et alourdit un peu la pièce. Les répliques sont soulignées par des effets musicaux parfois appuyés mais Les acteurs sont bons. On applaudit à l'investissement physique, aux grimaces, aux gags. Après tout, la mégère apprivoisée est une comédie. Sur ce point, Korsunovas a réussi son spectacle...