Selon les origines du  totalitarisme, l'hostilité aux Juifs a pris deux formes dans notre société : l'antijudaïsme et l'antisémitisme. J'ajouterai un troisième véhicule de cette haine: l'antisionisme.

L'antijudaïsme, rejet de nature religieuse, a disparu du discours et des pratiques de l'Église catholique avec Vatican II et plus encore depuis les derniers pontificats de Jean-Paul II et Benoit XVI. On entend encore des propos antijudaïques chez certains athées aujourd'hui. il est vrai que c'est dans les pratiques religieuses que se marque le plus la différence juive: manger casher, respecter le sabbat, revêtir un vêtement distinctif... La tolérance ne s'éprouve guère au contact de juifs sécularisés, personnalités reconnues et si semblables aux autres du monde des médias, de la politique ou du divertissement

L'antisémitisme, "idéologie laïque" selon les termes mêmes d'Hannah Arendt est un rejet qui se veut ethnique voire racial. Il s'est développé au XIXème siècle avec force. Depuis la mémoire de l'affaire Dreyfus et surtout de la Shoah, cette idéologie suscite une réprobation universelle et ne subsiste que dans quelques cerveaux dérangés ou incultes.

L'antisionisme,qui ne se confond pas avec la critique légitime de la politique israëlienne, est le déni opposé aux Juifs d'avoir un État. Ce refus ou la volonté de rayer de la carte cet État proclamé en 1948, comme on l'entendait récemment encore dans la bouche de responsables iraniens, est une forme d'hostilité aux juifs d'autant plus répandue qu'elle est inavouée et masquée par une revendication tout aussi légitime, celle d'un État palestinien.